Rorqual commun dans les eaux de Méditerranée
Rorqual commun

Le lévrier des mers

Rorqual commun

Rorqual commun : 2ème plus gros cétacé

Le rorqual commun peut rester en plongée jusqu'à 20 minutes et atteindre des profondeurs de 550 mètres. C'est la plus rapide des grandes baleines. Voilà pourquoi il est parfois surnommé le « lévrier des mers ».  Avec une longueur d'environ 20 mètres, c'est le deuxième plus grand mammifère marin après la baleine bleue, et aussi l’un des plus bruyants. Hélas, l’espèce n’en est pas moins menacée…

De forme allongée, le rorqual commun a un museau étroit, en forme de V, et de multiples rainures dans le sens de la longueur au niveau de la gorge. Si le dos est gris foncé, le ventre est blanc. Évoquant une faucille, sa nageoire dorsale est bien visible. Avec ses 20 mètres de long et ses 50 tonnes, il est par sa taille le second plus grand mammifère sur la planète, après la baleine bleue.

Grand migrateur, ce géant des mers se déplace de façon saisonnière entre les zones de haute latitude où il se nourrit durant le printemps et l'été et les eaux tempérées plus au Sud pour s'accoupler et mettre bas pendant l'automne et l'hiver. Les rorquals communs communiquent entre eux par des sons à basse fréquence, sorte de mugissements infrasonores qui peuvent se propager à des centaines de kilomètres. On pense qu’ils repèrent les essaims de krill grâce à leur système auditif.

L’espèce bénéficie d’une grande longévité, probablement une centaine d’années. Pourtant, en raison des collisions avec les navires et des effets du changement climatique, entre autres, elle est aujourd’hui menacée.

Nom scientifique

Balaenoptera physalus

Répartition / Habitat

Dans tous les océans du globe

Population

Environ 60 000 individus dans le monde

Taille

Environ 20 m de long ; les femelles sont plus grandes que les mâles

Poids

Environ 70 tonnes 

Régime alimentaire

Carnivore : se nourrit principalement de krill mais mange aussi du poisson de banc (hareng, morue, maquereau, goberge, sardine et capelan), principalement en hiver

Statut

En danger (UICN)
Classé à l’Annexe I de la CITES

Un géant vulnérable

La population actuelle de rorquals communs est estimée aux alentours de 40 000 individus dans l’hémisphère nord et de 15 000 à 20 000 environ dans l’hémisphère sud. Ces chiffres ne représentent plus qu’une fraction des populations existantes au 18ème siècle. Les causes de ce déclin sont diverses.

Chasse

La baleine a fait l’objet d’une chasse intensive par l’homme au 19ème et 20ème siècle. Des traités internationaux limitent aujourd’hui de façon très stricte la chasse à la baleine. Celle-ci est cependant encore orchestrée aujourd’hui par le Japon, l’Islande et la Norvège. Ces pays évoquent l’impact négatif des cétacés sur les stocks de poissons, dont leurs économies dépendent et avancent comme justification la recherche scientifique pour leur capture. L’animal est recherché pour sa chair et sa graisse, largement utilisées par l’industrie cosmétique.

Collisions avec les navires

Les collisions avec les navires représentent une des premières causes de mortalité non naturelle des grands cétacés.

Ces accidents sont assez fréquents bien que les premiers soient plutôt bruyants et que les seconds aient une bonne ouïe. Si les cétacés sont capables de réagir rapidement au danger, dans certaines situations ils sont moins alertes, par exemple quand ils dorment ou se reposent à la surface, mangent, allaitent leur petit ou se reproduisent. S’ils sont surpris par un navire, ils n’ont pas toujours le temps de réagir ou de se déplacer. Les collisions sont aujourd’hui une cause reconnue de mortalité des cétacés dans le monde.

Pollution sonore

Les sons basse fréquence des bateaux couvrent les sons émis par les baleines, perturbant leur communication pourtant essentielle à leur reproduction.

Pollution chimique et plastique

Situés en bout de chaîne alimentaire, leur organisme concentre les polluants accumulés dans leur nourriture (notamment pesticides organochlorés et PCB) qui sont des perturbateurs endocriniens. La pollution plastique affecte aussi ces grands mammifères, par ingestion directe de microplastique lors de la filtration, et indirecte via l’alimentation sur des proies contaminées.

Difficulté croissante à s’approvisionner en krill

Le krill, espèce d'eau froide qui vit en profondeur, se fait de plus en plus rare en raison de la surpêche et pourrait se raréfier davantage avec le changement climatique.

Que fait le WWF pour le rorqual commun ?

Plaidoyers en faveur de l’extension des aires marines protégées, biopsies effectuées en pleine mer et campagnes de sensibilisation pour inciter les usagers à respecter les mammifères marins et leur habitat naturel, telles sont les armes déployées par le WWF pour venir en aide au rorqual commun.

Le WWF mène des actions de lobby pour la création de sanctuaires pour les mammifères marins. Le WWF France a notamment soutenu pendant 10 ans la création du sanctuaire Pelagos, la seule AMP (Aire Marine protégée) de haute mer créée entre la France, Monaco et l’Italie sur 87 500 km. Instauré en 1999, il s’agit d’un espace de concertation pour permettre aux nombreuses activités humaines déjà présentes de s’y développer en harmonie avec le milieu naturel qui les entoure sans compromettre la survie des espèces présentes et la qualité de leurs habitats.

Nous effectuons des prélèvements (biopsies) qui nous permettent de récolter des informations infiniment précieuses. Au-delà du niveau de contamination des espèces par les polluants de type PCB ou les produits organochlorés qui demeurent persistants dans l’organisme, nous réussissons désormais à déterminer le sexe des individus et à reconnaître chacun d’entre eux avec certitude d’une année à l’autre.

Le WWF initie également des campagnes de communication pour sensibiliser les usagers de la mer au respect des cétacés et de leur habitat naturel, notamment à destination des amateurs de whale watching. Cette activité touristique d’observation des cétacés en mer est en plein boom. Il est impératif de l’encadrer pour éviter que l'intérêt croissant et légitime du public pour les cétacés de Méditerranée ne se retourne contre ces derniers. C’est de ce constat qu’est né le label High Quality Whale-Watching®. En accompagnant des opérateurs volontaires, il garantit une activité d'observation des baleines et des dauphins sauvages respectueuse et responsable. Le WWF a participé à la définition des lignes directrices du label, élaborées en concertation avec les opérateurs et prescripteurs français, italiens et monégasques.

Face aux risques de collision entre les navires et les cétacés, le WWF se mobilise. Il a notamment fait la promotion auprès des pouvoirs publics et des compagnies maritimes du système REPCET (Real time Plotting of Cetacean), un logiciel qui permet de mutualiser les observations de cétacés entre navires et d'éviter les collisions. Chaque observation de grands cétacés réalisée par le personnel de quart depuis un navire utilisateur de REPCET est transmise en temps quasi-réel par satellite à un serveur situé à terre. Le serveur centralise les données et diffuse des alertes aux navires équipés et susceptibles d'être concernés par un signalement. Les alertes sont alors cartographiées à bord sur un écran dédié. Et il semble que nos actions de plaidoyer aient porté leurs fruits !

Dans le cadre de l'application de la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, il est devenu obligatoire pour les navires battant pavillon français, de se doter d'un dispositif de partage des positions visant à éviter les collisions de navires avec les cétacés dans les sanctuaires marins Pelagos (Méditerranée) et Agoa (Antilles).

Nos projets actifs

Le WWF s’engage activement depuis de nombreuses années pour la conservation du rorqual commun et mène des projets de terrain afin de lutter efficacement contre les pressions qui pèsent sur cette espèce en danger.

REPCET : protéger les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos est un vaste espace maritime méditerranéen qui vise à protéger les mammifères marins qui le fréquentent. Malheureusement, ces derniers n’en demeurent pas moins menacés. En effet, le risque de collision entre les grands cétacés et les navires reste bien présent.

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Cap Cétacés : étudier les mammifères marins méditerranéens

Présent depuis plus de 17 ans en Méditerranée, le WWF mène d’importantes expéditions scientifiques en mer afin d’en apprendre davantage sur les grands cétacés, leurs comportements et les nombreuses menaces qui planent sur eux. Cap Cétacés est un projet majeur, né en 2000, s’inscrivant dans cette lignée.

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