Vue aérienne d'un rorqual (Balaenoptera physalus) commun dans le Sanctuaire Pelagos, Méditerranée.
#WWF360 : Pelagos
Découvrez le 3ème épisode de WWF Immersion 360 au cœur du Sanctuaire Pelagos, au plus près des baleines de la Méditerranée.

WWF Immersion 360 : à la rencontre du rorqual

Dans ce troisième épisode, embarquez à nos côtés pour la Méditerranée. Là-bas, dans le Sanctuaire Pelagos, approchez-vous au plus près de la deuxième plus grande baleine au monde.

Épisode #3 : à la rencontre des baleines en Méditerranée

Où se situe le Sanctuaire Pelagos ?

Dans l'esprit populaire, les baleines sont souvent associées aux eaux froides, aux régions polaires et aux contrées inaccessibles. Mais la mer Méditerranée regorge de trésors ! Pas moins de 20 espèces de cétacés vivent dans ses eaux.

Pourtant, dérèglement climatique, pollution plastique, et collisions avec des navires mettent en péril leur survie. D’où le lancement en 2000 du premier programme d’observation des cétacés en Méditerranée. Mieux connaître une espèce, c’est mieux la protéger.

Grâce à WWF Immersion 360, partez en mission avec nous : la biopsie et le balisage d’un rorqual comme si vous y étiez !

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En quoi consiste la mission Cap Cétacés à Pelagos ?

Présent depuis plus de 17 ans en Méditerranée, le WWF mène d’importantes expéditions scientifiques en mer afin d’en apprendre davantage sur les grands cétacés, leurs comportements et les nombreuses menaces qui planent sur eux. Cap Cétacés, le premier programme marin du WWF France est né en 2000.

Dans le cadre de ce programme, les scientifiques du WWF réalisent de nombreuses missions pour étudier ces mammifères marins. Ils contribuent à enrichir la connaissance sur ces espèces via des études photographiques et hyrdophoniques, des biopsies et la pose de balises.

En savoir plus sur Cap Cétacés.

Quels cétacés peut-on rencontrer dans le Sanctuaire Pelagos ?

Le rorqual commun (Balaenoptera physalus)
Le rorqual commun se nourrit exclusivement d’une petite crevette vivant en profondeur, qu’on appelle le krill. C’est le plus grand des animaux après la baleine bleue, sa cousine proche. Le rorqual peut atteindre 20 à 22 mètres de long et 40 à 70 tonnes pour les grandes femelles. Il se déplace seul ou en petits groupes, fréquentant beaucoup plus volontiers le large, à plus de 30 km des côtes, sur des profondeurs supérieures à 2000 m. En 2001, sur la zone du Sanctuaire Pelagos, nous avons recensé environ 650 individus pour la période estivale. Des campagnes menées en 1991 et 1992 avaient estimé la population méditerranéenne à 2000 à 3000 individus. Grâce à la banque de données génétiques collectées depuis plusieurs années, nous estimons aujourd’hui qu’ils sont entre 1500 et 2000 en Méditerranée.

Ce que vous verrez en premier d’un Rorqual, c’est son souffle. Ce sont plus de deux mètres cube d’air qui sont expulsés en moins d’une seconde. Un souffle puissant dont le son, comme l’explosion douce d’une vague qui s’écrase sur la plage, peut s’entendre à plusieurs kilomètres. Contrairement à celui du cachalot qui s’incline à l’horizontal, le souffle du Rorqual est droit vers le ciel et s’élève à plusieurs mètres de hauteur. Il s’agit bien d’un souffle, mélange de vapeur, d’air et d’un peu d’eau de mer entraînée, et non pas d’un jet d’eau comme on le croit parfois. La rencontre avec un Rorqual demeure, malgré l’habitude, un moment exceptionnel ! Sa puissance alliée à une forme très longiligne en fait un coursier des mers, capable de pointes de vitesse étonnantes, d’une très grande agilité.

En savoir plus sur le rorqual commun.

Le Dauphin bleu et blanc (Stenella coeru­leoalba)
C’est un petit Delphinidé (environ 2m de long pour 80 à 100 kg). Il a un régime alimentaire mixte, poissons et calmars, mais avec une préférence pour les derniers. Il peut être observé partout, mais vit plus volontiers au large. C’est l’espèce la plus abondante de Méditerranée.

Si vous avez la chance d’avoir des dauphins qui viennent s’accrocher à votre étrave lors d’une traversée entre la Corse et le continent, vous pouvez parier : ce sont eux ! Si vous doutez, vérifiez la flamme sombre caractéristique qui s’étire du flanc vers le coin de l’œil. Les Dauphins bleu et blancs sont les rois du surf sur la vague d’étrave qu’ils utilisent comme un propulseur, en y prenant appui avec leur nageoire caudale.

Le Grand Dauphin (Tursiops truncatus)
Sa taille varie entre 2,5 et 4m, pour un poids de 300 à 500 kg. Son régime alimentaire est varié, composé d’espèces vivant sur les fonds marins. C’est pourquoi on le rencontre plus souvent près des côtes. Les groupes de Grands Dauphins vont de quelques individus à quelques dizaines. En 2000 nous avons recensé 450 Grands Dauphins, répartis autour de la Corse, en Provence et dans le Golfe du Lion.

Le Dauphin de Risso ou Grampus (Grampus griseus)
Il atteint 3 à 4m et pèse de 300 à 400 kg. Il ne mange que des calmars qu’il capture au bord du talus continental. Le plus souvent, un groupe est constitué d’une à deux dizaines de dauphins, mais il se rassemble volontiers en grandes bandes. Le Grampus semble être le troisième ou quatrième cétacé le plus présent en Méditerranée avec 3000 à 5000 individus.

Affublé d’une longue dorsale pointue, le Grampus se fait parfois passer pour une orque auprès des néophytes. Mais, ce qui le distingue radicalement de tous les autres cétacés méditerranéens, ce sont les cicatrices qui le recouvrent progressivement avec l’âge. Le Grampus blanchit en vieillissant à force d’interactions sociales musclées avec ses congénères. Tandis que les tous jeunes arborent une robe grise presque uniforme, les plus âgés sont intégralement blancs. Ces cicatrices sont des repères de choix pour identifier chaque individu. On a ainsi pu repérer que certains d’entre eux fréquentent le sud des îles d’Hyères depuis près de 20 ans.

Le Globicéphale (Globicephala melas)
De 5 à 6m pour un poids de 1,5 à 3 tonnes, c’est le plus gros de la famille des dauphins. Son régime normalement composé de calmars inclut parfois quelques poissons. Il vit en groupes relativement importants (de 10 à 60 animaux) avec une structure sociale très développée. Son habitat est généralement situé en limite de talus et au large. C’est une espèce fréquente en Méditerranée nord-occidentale, surtout à partir du mois d’août. Ses effectifs sont semblables à ceux du Grampus, soit environ 5000 individus en Méditerranée nord-occidentale.

Vous ne pouvez pas confondre le Globicéphale avec une autre espèce : sa robe noire de jais, avec un petit plastron blanc et pointu sur le ventre, sa grosse tête globuleuse, et sa dorsale large et basse pointant vers l’arrière lui donnent une allure très caractéristique. Chasseur nocturne, le Globicéphale est amateur de siestes collectives en milieu de journée. On rencontre le plus souvent ces groupes par de calmes journées de fin de saison, sous le cagnard méditerranéen, apaisé par l’eau tiède. Ils forment alors des rassemblements étroits, collés les uns contre les autres et leurs vocalises traversent parfois la surface.

Le cachalot (Physeter macrocephalus)
Le cachalot est le plus grand des cétacés à dents : la longueur des mâles varie entre 16 et 18 m, pour un poids avoisinant les 50 tonnes, les femelles étant plus petites (11 à 12 m). Il se nourrit essentiellement de gros calmars et vit de préférence au-dessus du talus et au large. Le cachalot a des effectifs assez faibles et en baisse. Il y aurait un millier de cachalots en Méditerranée occidentale, et probablement autant à l’est, ce qui en fait une population très fragile. Depuis quelques années, on observe plus régulièrement dans la zone du sanctuaire ou du Golfe du Lion des groupes d’une dizaine de femelles avec des jeunes, ce qui était plutôt réservé à des zones situées plus au sud auparavant.

Le cachalot inspire le respect par ses exceptionnelles capacités d’apnéiste. Sa sonde, lente et majestueuse, l’entraîne vers des profondeurs dépassant les 2 km, des lieux où aucun rayon lumineux n’a jamais pénétré, où chaque centimètre carré de son corps subit une pression de plusieurs centaines de kg !

Comment les étudions-nous ?

Nous déployons des balises sur le dos de certains mammifères pour mieux comprendre comment ils se comportent près des bateaux. Les collisions entre un animal et un bateau sont la première cause de mortalité non naturelle des grands mammifères dans le sanctuaire.

Nous réalisons des biopsies sur certaines espèces. Les prélèvement de peau nous permettent d’identifier l’animal et de déterminer son sexe, son rôle dans son groupe, sa structure génétique et la taille de sa population. Le prélèvement de chair nous aide à évaluer le niveau de contaminants (microplastiques) dans son corps et, s’il s’agit d’une femelle, si elle est gestante.

Lors d’une biopsie, l’animal est-il gêné ?

Le but de la biopsie est de prélever un petit bout de chair de l’animal (infime par rapport à sa taille) pour pouvoir ensuite l’analyser. Certaines espèces sont plus farouches que d’autres. La réaction de l’animal lorsqu’ils s’en approchent en bateau est un bon indice. Les rorquals, par exemple, ne montrent généralement que peu de réaction mais les cachalots sont de grands sensibles. Le bateau peut les effrayer, nos équipes abandonnent si quelques tentatives n’ont rien donné pour éviter de les stresser.

Quelles menaces pèsent sur les cétacés en Méditerranée ?

Les collisions avec des navires
Un quart du trafic maritime mondial transite par la Méditerranée, dont 30 % du trafic pétrolier. Les collisions avec les navires inquiètent les scientifiques. Elles sont un des principales causes de mortalité non naturelle des grands cétacés de Méditerranée, les rorquals communs et les cachalots.

Le plastique
La concentration de plastique en mer Méditerranée est quatre fois plus élevée que dans l'île de plastique du Pacifique Nord. Un étude récente du WWF France a montré que tous les rorquals, cachalots et globicéphales analysés dans le Sanctuaire Pelagos étaient contaminés par des phtalates. La biodiversité marine en Méditerranée est imprégnée de micro et macro plastiques, du krill à la baleine (et jusque dans nos assiettes, via les poissons que nous mangeons)

Le dérèglement climatique
En Méditerranée, on a mesuré, sur une série de près de 50 ans, une augmentation de la température de 0,7°C à moins 80 mètres de profondeur, et de 1,1°C en surface. Cela paraît peu, mais c’est considérable au plan écologique !

Si vous êtes arrivé·e jusqu'ici, il est vraiment temps de regarder l'épisode !

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Une guifette moustac (Chlidonias hybrida) en plein vol au dessus d'un étang de la Réserve nationale naturelle de Chérine, France

Épisode #2

Prenez votre envol pour le centre de la France.