Rorqual à bosse sautant hors de l'eau Alaska
Cétacés

Reconquête réussie des océans !

Cétacés

Les cétacés : du sang chaud dans les mers

Les cétacés sont, avec les siréniens (comme les dugongs par exemple), les seuls mammifères à vivre exclusivement en mer et sous la mer. Malgré le sérieux handicap de devoir respirer de l'air avec des poumons et maintenir une température interne constante, une adaptation poussée les a dotés de capacités extraordinaires. Ils sont aujourd'hui les champions peu contestés des grands espaces marins.

Les cétacés sont des mammifères marins dont l’ancêtre commun – appelé archéocète – est parti à la reconquête des océans il y a 50 millions d’années. Depuis cette origine, ce groupe s’est diversifié en 90 espèces réparties dans toutes les mers du globe et certaines rivières. Les cétacés sont séparés en deux sous-groupes : les cétacés à fanons et les cétacés à dents.

Les premiers, appelé mysticètes du grec « moustache » en référence à leur fanons suspendus à la mâchoire supérieure, rassemblent 11 espèces parmi les plus grandes comme la baleine bleu, plus grand animal de la planète, le rorqual commun résidant en Méditerranée, ou la baleine à bosse très appréciée par le tourisme baleinier. Les mysticètes se nourrissent en filtrant d’énormes quantités d’eau au travers de leurs fanons. La technique est simple, l’apprentissage rapide, les petits ne restent pas plus d’un an avec leur mère.

Les seconds, les odontocètes, sont plus nombreux et plus diverses. On y trouve le cachalot, plus grand du groupe, dont les grands mâles approchent les 20 mètres et les 50 tonnes, mais aussi l’orque, le narval, les globicéphales et les nombreuses espèces de dauphins. Ils utilisent leurs dents pour capturer leurs proies et développent des techniques de chasse qui peuvent être collectives et sophistiquées. L’apprentissage est plus long et plusieurs générations de jeunes peuvent rester avec leurs mères avant de quitter le groupe.

Nom scientifique

Cetacea

Répartition / Habitat

Présents dans tous les océans et certains grands fleuves

Population

Variable de quelques dizaines d’individus à plusieurs centaines de milliers

Taille

De moins d'1,5 m pour le Vaquita à 33 m pour la baleine bleue

Poids

De quelques dizaines de kg à plus de 200 tonnes

Régime alimentaire

Varié selon les espèces : calmars, krill, poissons, otaries

Statut

Menacés d’extinction (UICN) : 2 espèces
Fortement menacés (UICN) : 7 espèces

Menaces multiples et effets cumulatifs…

Plus d’un siècle après l’apogée de la chasse baleinière qui a décimé les océans, la plupart des populations de cétacés peine à se restaurer. Elles subissent les impacts cumulés de bon nombre des activités humaines.

Dérèglement climatique

Les grands cétacés tirent leur ressource essentielle des grandes concentrations de krill sous les hautes latitudes nord et sud. Elles y sont suffisantes pour justifier d’y investir plusieurs milliers de kilomètres de migration chaque année. Mais avec le réchauffement climatique tous ces repères séculaires se brouillent. Les zones riches proches des banquises se déplacent et se dispersent, la productivité chute, d’autres espèces remplaceront peut-être les proies favorites des baleines. Sauront-elles s’adapter ? Nul ne le sait.

Trafic maritime

L’essentiel de notre économie repose sur le trafic maritime qui croit au rythme soutenu de 3 à 4% par an, soit un doublement tous les 20 ans environ. Dans le sanctuaire Pelagos - triangle de 87500 km² entre l’Italie, Monaco et la France, nous avons calculé que les navires y parcourent chaque année 18,5 millions de kilomètres, soit 450 fois le tour de la Terre. Tous ces navires, dont certains naviguent à grande vitesse, deviennent difficiles à éviter par les grands cétacés. 8 à 40 rorquals communs périraient ainsi chaque année à la suite d’une collision avec un navire. Cette situation se reproduit dans de nombreux endroits autour du monde où se superpose navigation intense et concentration de cétacés. Le trafic maritime contribue également à accroître le bruit de fond qui envahit inexorablement nos océans et perturbent ce sens primordial qu’est l’ouïe chez les cétacés.

Traffic maritime incessant en Méditerranée pouvant être mortel pour les cétacés

Pollutions

Notre industrie chimique, créative et prolifique, a généré des générations de contaminants qui ont envahi progressivement la biosphère terrestre et marine. Via les rivières, via les courants et même par les airs et l’atmosphère, ces polluants ont intégré toute la chaîne alimentaire du plus petit au plus gros. A chaque échelon de qui mange qui, la dose grandit, et s’accumule au fil du temps, piégée dans les tissus adipeux des organes des animaux. Ainsi les PCBs et les dérivés du DTT, produits interdits depuis des décennies, sont encore présent dans le gras des cétacés, affectant leur capacité de résistance aux maladies ou leur fertilité.

Contamination plastique

Les plastiques, qui ont envahi nos océans en milliards de particules ou en déchets de plus grande taille, ont non seulement un impact mécanique sur les animaux qui les ingèrent ou qui s’y emmêlent, mais aussi un impact chimique car leurs composés (comme les phtalates) se dissolvent dans le milieu naturel et intègrent également la chaîne alimentaire.

Chasse

La chasse est le facteur de mortalité le plus important pour les cétacés. En effet, malgré un moratoire et une interdiction du commerce international des produits baleiniers, chaque année, près de 1 000 baleines sont tuées à des fins commerciales. En 1961, date de création du WWF, 66 000 baleines sont tuées. Face à ce massacre, nous appelons à la création d’un sanctuaire baleiniers et l’adoption d’un moratoire sur la chasse baleinière commerciale. En 1979, le premier sanctuaire baleinier qui couvre l’océan indien voit le jour et en 1986, un moratoire suspendant toute chasse commerciale est mis en œuvre.

Malgré cette mesure, trois pays continuent à chasser les baleines à des fins commerciales (la Norvège, le Japon et l’Islande). En tant que membre de la Commission Baleinière Internationale (CBI), le WWF continue donc de faire pression pour que le moratoire soit appliqué plus fermement.

Que fait le WWF pour les cétacés ?

La majorité du travail de conservation des cétacés mené par le WWF s’effectue dans le cadre de la commission baleinière internationale. Il s’agit d’une organisation où chaque pays peut prendre des mesures afin de protéger baleines et dauphins de menaces comme les collisions avec les navires, les prises accessoires, les pêches scientifiques ou encore le changement climatique.

Présent aux quatre coins du monde le WWF mène des actions diversifiées pour sauvegarder les différentes espèces de cétacés.

Afin de prévenir les collisions ou les pêches accessoires nous participons activement à la création de sanctuaires et d’Aires Marines Protégées (AMP) comme en Méditerranée (Sanctuaire Pelagos) ou au Chili, par exemple, où 120 000 hectares de réserve ont été créés. Par ailleurs, nous aidons à la conduite de bateaux dans la baie de Fundy, au Canada, pour diminuer le risque de collision.

Le WWF incite, de surcroît, les pays à proscrire quelques techniques de pêche dans des zones maritimes où certaines espèces sont menacés. Une zone de ce type a notamment été mise en place en Nouvelle Zélande afin de protéger les dauphins Hector. En France, le WWF agit dans le sanctuaire Pelagos, en Méditerranée, où nous militons pour la généralisation du logiciel anti-collision REPCET et effectuons des prélèvements sur les espèces afin d’étudier leur structure génétique et leur contamination par les POPs (Polluants Organiques Persistants) et les micro-plastiques.

Dans les années à venir, les actions du WWF seront dirigées vers une sensibilisation croissante des besoins en matière de protection des cétacés au niveau national et régional et vers la création d’opportunités pour les populations locales qui seront actives et qui bénéficieront des initiatives de protection des cétacés.

Un risque de collision réduit

Dans les eaux canadiennes le risque de collision entre un cétacé et un navire a été réduit de 80% grâce à l’action du WWF.

Nos projets actifs

Les cétacés sont des indicateurs clés de l'état de santé de l'écosystème marin. Les océans jouent par ailleurs un rôle central pour le climat et la vie sur Terre. C'est pourquoi le WWF s'engage dans le monde entier grâce à plusieurs projets. 

La baleine à bosse ( Megaptera novaeangliae ) est l'espèces la plus géolocalisée grâce à l'application MObI

MObI : une application pour recenser les cétacés

Innovante, unique, collaborative et gratuite, l’application MObI (Marine Mammal Observer of Oceania by Internet) portée par le bureau de Nouvelle-Calédonie du WWF France, et en collaboration avec l’association Te Mana o Te Moana, permet à chacun de localiser et référencer ses observations de mammifères marins faites dans la région océanienne.

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Cachalot (Physeter macrocephalus) en Méditerranée

REPCET : protéger les grands cétacés dans le sanctuaire Pelagos

Le sanctuaire Pelagos est un vaste espace maritime méditerranéen qui vise à protéger les mammifères marins qui le fréquentent. Malheureusement, ces derniers n’en demeurent pas moins menacés. En effet, le risque de collision entre les grands cétacés et les navires reste bien présent.

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A bord de la goélette Colombus

Cap Cétacés : étudier les mammifères marins méditerranéens

Présent depuis plus de 17 ans en Méditerranée, le WWF mène d’importantes expéditions scientifiques en mer afin d’en apprendre davantage sur les grands cétacés, leurs comportements et les nombreuses menaces qui planent sur eux. Cap Cétacés est un projet majeur, né en 2000, s’inscrivant dans cette lignée.

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Nageoire d'une baleine à bosse (Megaptera novaeangliae) en Nouvelle-Calédonie

WHERE : explorer les autoroutes marines des baleines à bosse dans la mer de Corail

Le projet WHERE (Humpback Whale Habitat Exploration to improve spatial management in the natural park of the CoRal sEa) a pour objectif de décrire et comprendre la distribution spatiale des baleines à bosse dans le Parc naturel de la mer de Corail pour en améliorer la gestion.

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Trois orques (Orcinus orca) tentent de piéger un léopard de mer (Hydrurga leptonyx) sur un iceberg, Chenal Neumayer, Antarctique

Agissez avec le WWF

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Baleine bleue (Balaenoptera musculus) en plongée au large de la Nouvelle-Zélande

Ensemble, agissons

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Salarié WWF avec un local d'une communauté de la rivière Tigre, affluent de l'Amazone, Loreto, Pérou

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