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31. janvier 2020

Plus verte Montréal

La ville vient d’acquérir 140 hectares de zones humides pour son projet de Grand parc de l’Ouest. Un pas de plus pour la biodiversité urbaine !

Une richesse sous-estimée

Les zones humides comptent parmi les écosystèmes les plus productifs de la Terre.

Les villes accueillent déjà plus de la moitié de la population mondiale. Elles attirent toujours plus d’habitants, en particulier dans les pays en voie de développement. Elles s’étendent chaque jour au détriment des espaces naturels. Les zones humides sont en première ligne.

Ignorant les services rendus par ces milieux indispensables, nous les condamnons peu à peu au profit de l’agriculture intensive, de l’industrie ou de l’urbanisation. En un siècle, les hommes ont altéré la moitié des zones humides de la planète. Et pourtant ! Tantôt décrites comme les « reins du paysage » pour les fonctions qu’elles remplissent dans le cycle de l’eau, tantôt comme des « réservoirs biologiques » en raison de la diversité des espèces qu’elles abritent, les zones humides comptent parmi les écosystèmes les plus productifs de la Terre. L’abondance des formes de vie y est étonnante : plantes, insectes, crustacés, mollusques, amphibiens, reptiles, poissons, oiseaux, mammifères s’y alimentent et s’y reproduisent en nombre.

Vue générale d'une zone humide à Montréal avec de la végétation aux couleurs de l'automne.
Oiseau perché sur une pancarte dans un zone humide à Montréal.

Les zones humides représentent l'habitat d'une multitude de formes de vie, dont les oiseaux.

Réhabiliter les zones humides

Depuis 1985, le WWF France poursuit son engagement pour la préservation des zones humides. 

Dès la première décennie de son existence, le WWF s’est attaché à reconquérir ces milieux, sur les pas de Luc Hoffmann, l’un de ses fondateurs, à qui l’on doit notamment l’initiative qui a conduit à la signature de la convention de Ramsar.

Du nom d’une petite ville du bord de la mer Caspienne, la convention de Ramsar, signée en 1971 et entrée en vigueur en 1975, marque le début d’une reconnaissance officielle de l’importance écologique des zones humides. L’inscription d’un site sur la liste Ramsar lui confère un statut international et, même si cette désignation n’entraîne pas d’obligation pour le pays signataire, de fait, le prestige acquis favorise la mise en place de mesures de conservation.

Depuis près d’un demi siècle, nous menons des actions très diverses, touchant aussi bien à la maîtrise foncière, au génie écologique, à l’étude et à la protection des espèces qu’à la pédagogie et à la sensibilisation. Grande ou petite, chacune d’entre elles contribue à la sauvegarde d’un patrimoine d’exception.

Vue générale d'un parc urbain au premier plan avec en fond des immeubles. (Miami)

Les parcs urbains permettent de réhabiliter les zones humides détruites par l'expansion des villes.

La nature gagne du terrain

Le nouveau grand parc urbain de Montréal fera huit fois la taille de Central Park. 

La mairesse de Montréal vient d’annoncer l’acquisition d’un terrain de 140 hectares par la ville. Il s’agit de zones humides. L’équivalent de 192 terrains de football au cœur de l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro. Si la municipalité a racheté cet espace, ce n’est pas pour le condamner au profit d’une nouvelle construction mais bel et bien pour le protéger. En effet, elle souhaite réaliser un projet de grand parc urbain dans l’ouest de Montréal.

Avec ses 3000 hectares planifiés, à terme, le Grand parc de l’Ouest fera huit fois la taille de Central Park. Reliant l’île Bizard au parc-nature du Cap-Saint-Jacques, incluant le parc-nature de l’Anse-à-l’Orme, le parc agricole du Bois-de-la-Roche et l'Arboretum Morgan, cet immense espace vert englobera 1600 hectares d’aires protégées.
Si l’importance de la nature en ville n’est plus à démontrer, le fait d’avoir mis ces zones humides à l’abri constitue une excellente nouvelle pour la biodiversité mais aussi pour la résilience de Montréal. En effet, le précieux biotope ainsi protégé pourra pleinement remplir ses fonctions écologiques au cœur du cycle de l’eau, ainsi que son rôle de séquestration du carbone.

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Aiguille du midi, Chamonix (France)

Ensemble, agissons

Le WWF œuvre à la conservation des écosystèmes sur tous les continents. Aidez-nous à poursuivre nos actions de conservation et de sensibilisation au plus près du terrain.