Requin mako (Isurus oxyrinchus) dans les eaux de Californie, Etats-Unis
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06. septembre 2019

Requins : les grands vainqueurs de la CITES

La CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) met les squales à l’abri : 18 espèces de requins et de raies font leur entrée à l’annexe II et voient ainsi leur commerce régulé.

Le fléau du commerce illégal

Cornes de rhinocéros, ivoire des éléphants, ailerons de requin... de nombreuses espèces sont menacées par leur commerce international.

Prisés pour leurs cornes, à qui la médecine traditionnelle chinoise prête de prétendues vertus, ou consommées tout simplement comme un symbole de richesse, l’année dernière c’est encore plus de 760 rhinocéros qui ont été tués rien qu’en Afrique du Sud, soit un peu plus de deux par jour. Les éléphants d’Afrique ne sont pas mieux lotis, avec environ 415 000 animaux restant sur la planète. 110 000 pachydermes de moins qu’il y a 10 ans du fait du braconnage afin de satisfaire l’insatiable appétit de l’Asie pour l’ivoire.

De nombreuses autres espèces, parfois moins emblématiques mais tout aussi indispensables au maintien du bon état écologique de la planète, sont ainsi menacées d’extinction en raison de leur commerce, le plus souvent illégal. Rappelons qu’après la dégradation de l’habitat naturel, la surexploitation, notamment à des fins commerciales, constitue l’une des principales causes de disparition de la faune et de la flore sauvages. Et si une chance nous était donnée de mettre un terme à ce fléau ?

Ailerons de requin, vendu dans un magasin de fruits de mer séchés à Hong Kong.

La vente d'ailerons de requins utilisés pour la médecine traditionnelle chinoise contribue au commerce illégal des requins.

La CITES au secours des espèces sauvages

Le WWF s'engage depuis des années pour mettre un terme au braconnage dans le monde.

Du 17 au 28 août 2019, la 18ème session de la Conférence des Parties s’est tenue à Genève, une opportunité réelle pour la communauté internationale de s’unir contre le braconnage. Si la CdP 18 reste moins illustre que son homonyme CdP 21 sur le climat, elle n’en est pas moins importante. A ce jour, avec ses 183 Parties, la CITES contribue à la protection de plus de 35 800 espèces de plantes et d’animaux, au profit, tant des populations locales qui conservent ainsi leurs moyens de subsistance, que de l’environnement.

Depuis sa création, le WWF participe activement à toutes les sessions de la Conférence des Parties, apportant son expertise fondée sur plus de 45 ans d’expérience sur le terrain dans le monde entier. Nous nous sommes donc mobilisés tout au long de cette CdP18 pour faire entendre notre voix. Un an avant la CdP15 de la Convention sur la diversité biologique qui se tiendra en Chine, nous avons appelé les Parties à faire preuve du courage politique nécessaire pour mettre fin au braconnage des espèces sauvages en dépit des intérêts financier.

Un requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus) ou requin mako à la surface au lever du soleil près des côtes d'Auckland, Nouvelle-Zélande.

Le requin-taupe bleu (Isurus oxyrinchus) appelé aussi "requin mako" est désormais inscrit à l'Annexe II de le CITES.

Juste à temps !

18 espèces de requins et raies menacées par le commerce international ont obtenu la protection de la CITES.

Les gouvernements participant à la CoP18 de Genève ont voté à une écrasante majorité en faveur de la protection du requin. Au total, ce sont 18 espèces de requins et de raies, menacées par l'ampleur du commerce international de leurs ailerons et de leur chair, qui ont reçu les protections essentielles de l'Annexe II lors de ce grand meeting. L'inscription concerne le requin-taupe bleu et le petit requin-taupe (ou requins makos), en voie de disparition, ainsi que six espèces de guitares de mer et dix espèces de raies. La décision est cruciale car elle va permettre de réguler le commerce de ces espèces. Désormais, leur exportation sera proscrite depuis chacun des 183 Etats Parties, à moins d’avoir été formellement autorisée, permis et certificats à l’appui, par le pays en question.

Plus de la moitié des requins et des espèces apparentées sont reconnus comme étant menacés ou quasi menacés d'extinction, et au moins 100 millions de requins sont tués chaque année par la pêche commerciale. Il y a 10 ans, la conservation des requins était encore considérée comme un problème marginal. Heureusement, les mentalités évoluent. Après avoir été victime de surpêche, il faut beaucoup de temps pour que les populations d'une espèce se reconstituent, nous sommes donc très heureux que l'inscription ait été accordée avant qu'il ne soit trop tard.

Couple de requin-marteau halicorne (Sphyrna lewini), Galapagos

Ensemble, agissons

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