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23. janvier 2020

Une nouvelle aire protégée voit le jour en Russie

Le gouvernement russe vient d’approuver la création d’un parc national dans la République de Sakha, joyau de la Sibérie. Près de 2 millions d’hectares seront à l’abri, pour le plus grand bonheur des oiseaux rares qui y nichent.

Terre des extrêmes

Diamants, pierres précieuses, mines d'or, pétrole, charbon... Yakoutie est une véritable caverne d'Ali Baba.

Grande comme l’Inde, avec seulement 1 million d’habitants, la Yakoutie est la région la plus froide de Russie. En hiver, le thermomètre descend facilement à -50°, voire plus.
On raconte que lorsque Dieu l’a survolée un jour d’hiver, ses mains ont gelé et il a ainsi laissé échapper tous ses trésors. Depuis, elle regorge de richesses : diamants (25% de la production mondiale), pierres précieuses et semi-précieuses, mines d’or, d’argent et de platine. Elle possède aussi des puits de pétrole, du gaz, du charbon…

Mais elle est avant tout la terre des mammouths et à ce titre, fortement convoitée. Avec le dégel, des ossements ressurgissent régulièrement. Des braconniers, de plus en plus nombreux, traquent les restes de l’animal préhistorique pour alimenter le marché chinois friand d’ivoire. La chasse aux éléphants étant interdite, on se rabat sur les mammouths… Les chasseurs d’os nettoient les berges à l’aide de pompes et utilisent des échosondeurs, appareils propageant des ondes sonores dans l’eau. De tels dispositifs perturbent la faune aquatique ainsi que les oiseaux et peut conduire à la pollution des milieux.

Vue aérienne sur une forêt au bord de la rivière Olenek, en Sibérie (Russie)

Sous sa végétation, la région de Yakoutie regorge de richesses cachées que les braconniers veulent se procurer.

Préserver les espaces et les espèces

En 1989, la Grande réserve arctique est créée. C’est le tout premier projet de conservation financé par le WWF en ex-URSS. Cinq ans plus tard, la fondation ouvre son premier bureau en Russie. Depuis, un millier de projets ont été mis en oeuvre dans 47 régions du pays et plus de 137 millions d’euros ont été investis dans la protection de l’environnement.

Quelques victoires à notre actif : plus de 52 millions d'hectares de territoires uniques protégés, le bison et le léopard d'Asie ont été remis en liberté, les populations de tigre de l'Amour et de léopard d'Extrême-Orient ont été restaurées, le léopard des neiges et l’argali de l'Altaï ont été sauvés de l’extinction, les "Bear Patrols" (Patrouilles pour les ours) ont été créées dans l’Arctique pour limiter les conflits Hommes/Animaux. Chaque jour, pour protéger des espèces uniques et des territoires d’exception, nous créons et améliorons la gestion des réserves, des sanctuaires, des parcs nationaux et des zones protégées.

Zoom sur une grue blanche béquetant et une autre en arrière-plan
Vue du bas de trois grues blanches qui volent
Le lac Lena gelé au bord d'une route enneigée à Yakutia, République de Sakha en Sibérie

Les grues blanches, "Kytalyk" en Yakut, sont l'emblème du nouveau parc national.

1 885 554 hectares à l’abri

Plus de 90 espèces d'oiseaux nichent en Yakoutie.

Cela fait plusieurs années que nous travaillons sur le projet avec les autorités. Mais cette fois, ça y est, la création du parc national a été approuvée.

1 885 554 hectares seront ainsi bientôt préservés dans le district Allaikhovsky de la République de Sakha (Yakoutie). Son nom : Kytalyk. Cela signifie « grue blanche » en Yakut. Et pour cause ! L’oiseau emblématique, qui figure sur la Liste des espèces rouge de l’UICN, a choisi ce territoire vierge pour y nicher. En danger critique d’extinction, le volatile ne se reproduit qu’ici. C’est dire si son destin est lié à celui de l’écosystème.
D’autres oiseaux y ont élu domicile. Des goélands roses, des faucons gerfauts, des huards à bec blanc, en tout, plus de 90 espèces d'oiseaux du monde entier. On y croise aussi des rennes sauvages, même si leurs effectifs sont en chute libre.

Dans les années 90, une partie de la région avait été placée sous protection mais les moyens alloués à sa gestion étaient insuffisants. Aujourd’hui, avec un statut de conservation plus élevé et une patrouille de surveillance dédiée, le parc sera mieux équipé pour faire face aux pressions, économiques notamment. La pêche industrielle sera par exemple proscrite en son sein. L’idée d’un écotourisme basé sur l’observation des oiseaux et les promenades au cœur d’une toundra de pergélisol fait peu à peu son chemin…

Tous les Effet Panda

Aiguille du midi, Chamonix (France)

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