Fruits et légumes des Andes

Alimentation durable, enjeu fondamental

Le système alimentaire mondial est dominé par l’industrie agroalimentaire et l’agriculture productiviste et industrielle, générant une utilisation croissante de ressources naturelles et une production massive de déchets. En même temps, près d’un milliard de personnes souffrent de malnutrition et les études démographiques prévoient une population mondiale de près de 9 milliards d’habitants en 2050. Il est urgent de reconsidérer ces modes d’organisation au profit de systèmes alimentaires alternatifs, notamment en adoptant une alimentation durable et locale.

Nécessité d’une alimentation durable

L’alimentation durable contribue directement à la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations ainsi qu’au développement durable.

Le système alimentaire se définit comme la « façon dont les hommes s’organisent dans le temps et dans l’espace pour obtenir et consommer leur nourriture » (L. Malassis, 1978). Il est constitué par un réseau interdépendant d’acteurs (agriculteurs, transformateurs, distributeurs, organismes publics et privés, institutions financières etc.) dont les activités concourent à la fonction d’alimentation. Mais qu’en est-il de la durabilité de cette alimentation ?

Aujourd’hui, l’alimentation humaine n’est plus réduite à sa fonction primaire nourricière, c’est-à-dire à l’assimilation d’une substance essentielle, source d’énergie et de nutriments, pour subvenir à ses besoins physiologiques. Depuis quelques années, le concept de « durabilité » de l’alimentation a émergé, elle s’inscrit notamment dans un champ de recherche relativement récent qui décrit ses divers liens avec l’environnement. C’est une notion complexe à définir car elle se situe à l’interface d’une multitude de champs disciplinaires (environnement, social, économique, sanitaire, nutritionnel etc.).

Pour une alimentation à moindre impact sur l’environnement, plus saine et à coût égal

Part de la superficie agricole mondiale nécessaire pour produire l’alimentation des animaux (pâturages et grandes cultures)

Trop riche en produits transformés (et de surcroît trop gras, salés et sucrés) et en protéines d’origine animale, le modèle alimentaire occidental induit un système de production trop consommateur en ressources naturelles et destructeur d’espaces naturels. Ce type d’alimentation a conduit en France à une augmentation de 6% du taux d’obésité en 1980 à plus de 15% en 2014. Découvrez notre infographie sur la viande, créée en partenariat avec Qu'est ce Qu'on Fait ?, pour en apprendre plus sur les conséquences de notre surconsommation de viande sur l'environnement et la santé.

Les changements de comportement des consommateurs se répercutent indirectement sur l’ensemble des acteurs/activités du système alimentaire et peuvent favoriser in fine une alimentation durable qui lie la santé de l’homme et celle de l’environnement. Ainsi, consommer des produits dérivés des animaux dont l’alimentation à base de soja a contribué à la déforestation en Amérique du Sud, ou consommer des poissons d’élevage nourris à base d’autres poissons issus de la surpêche, n’est pas une option durable ! Il est donc essentiel de changer son alimentation, en remettant notamment le végétal (fruits, légumes, légumes secs, céréales) au centre de l’assiette.

Une étude réalisée en novembre 2017, en partenariat avec ECO2 Initiative, démontre qu'il est possible de manger des produits plus sains et de meilleure qualité, issus notamment de l’agriculture biologique, tout en limitant notre impact sur la planète. L’étude a comparé le panier standard des Français avec un panier dit “flexitarien”, adapté à l’alimentation hebdomadaire d’une famille de 4 personnes (2 adultes et 2 enfants). Ce panier prend en compte trois critères de durabilité : le coût, l'impact carbone et la qualité nutritionnelle. 

Dans le deuxième volet de cette étude, publié en octobre 2018, nous avons analysé les critères de durabilité (qualité nutritionnelle, empreinte carbone, coût) d’un régime alimentaire végétarien. Les résultats obtenus pour le panier végétarien vont dans le même sens que le panier flexitarien car ils améliorant les critères de durabilité sur tous les tableaux : climat, coûts, santé et intégration de produits labellisés. Le panier hebdomadaire végétarien permet par ailleurs une augmentation de la part de produits labellisés à 62% (contre 50 % pour le panier flexitarien) et ce pour un coût égal au panier actuel (190€ par semaine).

La transition alimentaire est un élément indispensable pour la transition écologique, tant au niveau français qu’au niveau mondial.

Promouvoir des systèmes alimentaires durables en modifiant ses habitudes de consommation

Réduction des émissions de GES

-40%, c'est la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur l'ensemble de la chaîne alimentaire si les Français adoptaient les 6 principes de consommation durable.

Le WWF a souhaité obtenir une vision globale des principaux régimes alimentaires (INCA3, flexitarien, végétarien, végétalien) qui se développent dans la société française. Grâce à une modélisation prospective de la répartition de ces régimes dans la population française, nous avons mis en évidence en quoi ces régimes pourraient contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre (EGES) des Français d’ici à 2050.

L'étude démontre qu'il est possible de tendre vers un objectif de -40% des EGES d’ici 2030 mais qu'il sera plus difficile de parvenir à une réduction de -75% d'ici 2050. Atteindre un tel objectif de réduction suppose donc des changements importants dans les comportements alimentaires et dans les modes de production agricole, mais également dans les autres grands domaines d’activités qui sont transversaux au secteur de l’alimentation: renforcement de l’efficacité énergétique des véhicules, réduction de l’intensité carbone des carburants, développement de matériaux de construction peu carbonés, maîtrise de la demande en énergie des industries, réduction de la production de déchets et valorisation/traitement de ces derniers, etc.

Réduire les pertes et le gaspillage alimentaire

Quel gâchis !

C’est la quantité de nourriture encore consommable jetée chaque année par un ménage français de 4 personnes.

Si le gaspillage alimentaire dans les pays en développement se situe essentiellement au niveau des pertes « post-récolte », et nécessite donc des investissements en termes de structuration des filières et d’infrastructures de stockage, il a lieu au niveau du consommateur final dans les pays développés. Ainsi, le gaspillage alimentaire dans les pays industrialisés est surtout une affaire de comportements individuels.

De manière générale, la nourriture produite et non consommée représente un certain volume d’eau, participe à l’expansion des terres agricoles (notamment de la monoculture) et émet des gaz à effet de serre, ce qui intensifie notre pression sur les écosystèmes et les ressources naturelles. En effet, si nous continuons à consommer les ressources clés (produits halieutiques, bœuf, soja, produits laitiers etc.) de la même façon qu’un Européen moyen, nous aurions besoin de 2,7 planètes pour subvenir à nos besoins. Le WWF s’engage ainsi à mobiliser des entreprises, notamment dans les secteurs de l’hôtellerie et de la restauration collective pour qu’ils prennent des engagements contre le gaspillage alimentaire. Au travers de ses grands événements et de campagnes de mobilisation, nous sensibilisons les Français à la question du gaspillage alimentaire comme pertes de ressources naturelles.

Agriculture sous serre au Champ des possibles (Rouen)

États Généraux de l’Alimentation 2017

Les États Généraux de l’Alimentation rassemblent, pour la première fois, tous les acteurs concernés pour débattre de notre modèle agricole et alimentaire, et sont une occasion unique pour repenser ce modèle et accélérer la transition vers des modes de production respectueux des hommes et de la nature.

Femme récoltant ses légumes, qui ont poussé grâce à un système d'irrigation goutte à goutte, dans le cadre du programme du WWF Chemi Chemi Dry Land Women's Farming (Kenya)

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France milite pour la transition vers des systèmes alimentaires durables.
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