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Bornéo, en Asie du Sud-Est, est la quatrième plus grande île du monde. 
Elle représente seulement 1% des terres de la planète, mais détient environ 6% de la biodiversité mondiale dans ses forêts tropicales incroyablement riches. 

Bornéo : une forêt tropicale entre les océans Indien et Pacifique

Les forêts tropicales et le climat de Bornéo concentrent les conditions idéales pour permettre à une grande variété d'espèces de prospérer. 

Au détour des marécages, des mangroves, des forêts de plaine et de montagne, plus de 15 000 plantes, dont 6 000 endémiques, peuvent être rencontrées. Parmi les espèces que l'île abrite figurent les orangs-outans et les éléphants de Bornéo ainsi que les plantes carnivores géantes à pièges passifs et les rafflésies. La chaîne alimentaire se compose également de milliers de plantes, lichens et champignons, qui nourrissent un large éventail d'espèces.

Cœur de Bornéo : une forêt vitale pour peuples et biodiversité

Le “cœur de Bornéo” constitue la partie principale de l'île où les forêts sont restées intactes. Couvrant une superficie de la taille de l'Angleterre et de l'Écosse réunies et s'étendant sur plusieurs pays (Brunei, Indonésie et Malaisie), cet espace forme l'une des plus grandes forêts tropicales transfrontalières encore observable dans le monde.

Mais le “cœur de Bornéo” n'est pas seulement un trésor de biodiversité, c'est aussi une source de vie et de moyens de subsistance pour les autochtones, un véritable trésor écologique pour les quelque 11 millions de Bornéens, dont un million de Dayaks indigènes installés dans ces forêts.

Caractéristiques
  • Localisation

    L’île de Bornéo est un imposant territoire située au milieu de l'archipel indo-malaisien, en Asie du Sud-Est

  • Superficie

    743 330 km²

  • Climat

    À cheval sur l'équateur, l'île de Bornéo est soumise à un climat tropical. Dans les plaines, les températures varient entre 25°C et 35°C, tandis qu'en altitude, l'air peut être beaucoup plus froid.

  • Espèces présentes

    Éléphants, orangs-outans, tigres, rhinocéros, grenouilles, lézards, serpents, calaos, etc.

De fortes précipitations

L'île entière se trouve dans ce qu'on appelle la « zone sempervirente », recevant chaque année entre 2 000 mm et 4 000 mm de pluie. Constamment alimentées par les précipitations, les rivières affluent des hauts plateaux montagneux (le “cœur de Bornéo”) vers les côtes de l'île, transportant une diversité étonnante d'espèces sauvages.

Déclaration du “cœur de Bornéo”

Signée en 2007, cette déclaration engage les trois pays dans une vision de conservation commune pour assurer une gestion efficace des ressources forestières et la création d'un réseau d'aires protégées, de forêts gérées durablement et de zones d'utilisation des terres sur les 22 millions d'hectares que constituent le “cœur de Bornéo”.

Forêt énigmatique

Entre 1995 et 2010, plus de 600 espèces ont été découvertes dans le “cœur de Bornéo”, soit une moyenne de 3 espèces par mois.

Gîtes des oiseaux migrateurs

Chaque année, Bornéo est visitée par de nombreuses espèces d'oiseaux provenant de régions tempérées qui choisissent de passer l'hiver sur l'île. Cette période correspond à la saison de la fructification qui fournit des ressources alimentaires nécessaires aux oiseaux migrateurs frugivores. Le Mont Kinabalu, dans la province de Sabah, est l'une des régions préférées de ces oiseaux.

Menaces

Chasse et le commerce d'espèces sauvages

Le braconnage effréné et la multiplication des routes et des pistes forestières représentent une grave menace pour les espèces en péril de Bornéo. Les crimes contre la faune et la flore sont devenus des activités très lucratives car celles-ci sont désormais associées au même titre que les armes et les drogues au commerce illégal. Les experts de TRAFFIC, le réseau de surveillance du commerce lié aux espèces sauvages, estiment que ce trafic représente des centaines de millions de dollars. Un certain nombre d'espèces peuplant le cœur de Bornéo sont menacées de ce fait : le pangolin aux écailles recherchées, l’arowana le poisson le plus cher du monde ou l’orang-outan…

La chasse d’orangs‑outans à Bornéo fait disparaître un primate déjà au bord de l’extinction.

Menaces

Déforestation

Bornéo a déjà perdu plus de la moitié de ses forêts, et un tiers ont disparu au cours des trois dernières décennies. Des études par satellite montrent qu'environ 56% des forêts tropicales protégées de Kalimantan ont été déboisées entre 1985 et 2001 pour satisfaire la demande mondiale de bois, soit plus de 29 000 km² (presque la taille de la Belgique). Les lois en matière de protection sont en vigueur dans tout Bornéo, mais sont souvent insuffisantes ou sciemment ignorées, généralement sans conséquence pour le contrevenant.

La déforestation à Bornéo fait disparaître des forêts vitales, poussées à l’abattage pour l’exploitation et l’expansion humaine.

Déforestation causée par l’agriculture à grande échelle dans le sud‑est du Mexique.
Menaces

Exploitation minière

Les plans de développement économique accordent la priorité à l’exploitation des ressources énergétiques, notamment le charbon, pour aider à satisfaire la demande en pleine croissance tant au niveau national qu'international. Le Kalimantan détient 53% des 4 300 millions de tonnes de réserves de charbon récupérables d’Indonésie, et Sabah et Sarawak détiennent 99% des 1 724 milliards de tonnes de gisements houillers de Malaisie. Bornéo abrite également d'importantes ressources de métaux et de minerais, notamment l’étain, le cuivre, l'or, l'argent, le charbon, les diamants et différents types de sable et de pierre. Ensemble, les secteurs forestiers et miniers sont les principaux contributeurs à la destruction des forêts de Bornéo.

L’exploitation du charbon à Bornéo accélère la perte des forêts, portée par une demande énergétique en plein essor.

Menaces

Essor de l’huile de palme

L'un des principaux moteurs de la déforestation dans le “cœur de Bornéo” et à Kalimantan est la croissance des plantations de palmiers à huile en réponse à la demande mondiale d'huile de palme. En Indonésie, la production de palmiers à huile est passée de 600 000 hectares en 1985 à plus de 6 millions d'hectares en 2007. Ces cultures font peser des risques de disparition de centaines d’espèces et impactent les bassins versants. Les principales rivières de Bornéo ont pour origine le “cœur de Bornéo” et la préservation des forêts est essentielle pour assurer l’approvisionnement en eau de l’île, modérer les effets des sécheresses et des incendies et soutenir la stabilité économique et écologique dans les plaines.

L’expansion massive des palmiers à huile menace les forêts du cœur de Bornéo, fragilise les bassins versants et met en péril des centaines d’espèces.

Menaces

Réchauffement climatique

La déforestation et la dégradation des forêts représentent jusqu'à 20% des émissions mondiales de CO2 d’origine humaine. Les estimations du WWF indiquent que si l’île de Bornéo maintient ce rythme actuel de déforestation, elle sera sévèrement touchée par le changement climatique, avec des risques d’inondations et d'incendies de forêt amplifiés, des répercussions sur la santé humaine, des bouleversements des rendements agricoles et des dommages causés aux infrastructures. Enfin, les espèces marines, les reptiles et amphibiens seront gravement affectés et potentiellement décimés par tout réchauffement au-dessus des deux degrés.

La déforestation à Bornéo amplifie les incendies, les inondations et les impacts climatiques qui menacent forêts, espèces et communautés.

Ajoncs d’Europe (Ulex europaeus) calcinés après incendie, Royaume-Uni

Que fait le WWF sur l’île de Bornéo ?

Bornéo est l’un des sites majeurs du plan d'action du WWF puisqu'il abrite cinq espèces prioritaires à l'échelle internationale. Le WWF travaille sur l’île depuis de nombreuses années et a joué un rôle important dans la rédaction de la déclaration de 2007. Aujourd’hui, nous poursuivons nos actions dans ce sens et soutenons divers projets de conservation du paysage.

A la suite d’un long travail du WWF, les trois gouvernements de Bornéo - Brunei, Indonésie et Malaisie - ont démontré leur engagement à assurer un avenir durable pour la forêt tropicale des hautes terres de Bornéo en signant une déclaration historique en 2007.

Depuis, le WWF a maintenu son engagement pour s’assurer de la mise en œuvre du plan de conservation concerté pour protéger le “cœur de Bornéo”, une zone vierge de forêts équatoriales plus vaste que le Kansas. Par ailleurs, le WWF aide les producteurs et les négociants, sensibilise les consommateurs et collabore avec différents partenaires pour imposer une exploitation forestière responsable et protéger les communautés locales. Conscient que l'huile de palme provenant de Bornéo et de Sumatra représente plus de la moitié de la production mondiale, le WWF a co-fondé la table ronde pour l'huile de palme durable en 2003, un groupe de travail luttant pour l'introduire sur le marché et réformer les pratiques d’utilisation des terres.

Le WWF s’oppose à l'appropriation illicite des terres, la corruption et le manque d’application de la loi et soutient celles et ceux qui travaillent pour protéger les habitats élémentaires.

Aidez-nous à protéger le vivant

Grâce à votre soutien, nous avons déjà contribué au retour de nombreuses espèces. Ensemble, nous pouvons remporter d’autres victoires pour la nature.

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