Guifette moustac (Chlidonias hybridadans) la Réserve Nationale de Chérine

La Réserve naturelle de Chérine : sentinelle des changements climatiques

S’étendant sur plus de 370 hectares dans l’Indre, la Réserve naturelle nationale de Chérine est réputée pour sa faune et sa flore exceptionnelles. Le WWF France en est l’un des propriétaires majeurs aux côtés notamment du département et de la LPO. La réserve est située au coeur du Parc naturel régional (PNR) et du site Natura 2000 “Grande Brenne”. La biodiversité dans et en périphérie de la réserve est suivie depuis plus de 30 ans, un véritable observatoire à ciel ouvert des impacts des changements globaux sur ce patrimoine étant le territoire le mieux connu du PNR.

Un havre de paix pour les espèces menacées de la Brenne

Une flore riche 

On recense près de 590 espèces de plantes supérieures sur la réserve. Parmi elles, 138 peuvent être considérées comme remarquables.

Située au cœur de la Brenne, zone humide de 100 000 ha et de près de 4000 étangs, la Réserve naturelle de Chérine, créée en 1985 par décret ministériel, est aujourd’hui parmi l’une des plus grandes de France. Unique de par la faune et la flore qu’elle abrite, cette réserve représente un véritable havre de paix pour plusieurs espèces rares et menacées, emblématiques de la région. Au fil des années des inventaires exhaustifs ont été réalisés que ce soient les oiseaux, les plantes, les libellules, les papillons diurnes ou les coléoptères. Par ailleurs, la réserve mène et développe des actions de sensibilisation à l’intention des 20 000 visiteurs qu’elle accueille chaque année et des acteurs locaux comme les agriculteurs, les pisciculteurs, les chasseurs et les élus.

Néanmoins, si les aires protégées limitent les pressions anthropiques environnantes et assurent leur rôle de conservation efficace de la biodiversité à l’échelle locale, elles sont, comme les autres territoires, soumises aux menaces plus globales que sont les changements climatiques et autres changements d’origine anthropiques. Restent donc des questions en suspens notamment liées au changement climatique. Il s’agit de savoir si les plantes et les animaux du parc vont  s’adapter aux bouleversements que le changement climatique va induire ou bien si elles vont disparaître, si de nouvelles espèces vont apparaître, si les étangs rempliront toujours autant leur rôle de réservoir d’eau pour la faune et la flore et si les activités de gestion devront évoluer.

La Réserve naturelle de Chérine abrite  64 espèces de papillons, dont la magnifique Écaille chinée, Callimorphe (Euplagia quadripunctaria), ici sur une Eupatoire chanvrine

La Réserve naturelle de Chérine abrite 64 espèces de papillons, dont la magnifique Écaille chinée ou Callimorphe (Euplagia quadripunctaria)

Devenir une sentinelle des changements globaux et en particulier des changements climatiques

La Brenne joue un rôle d’importance nationale pour la guifette moustac : selon les années, de 20 à 25% de l’effectif national s’y reproduit. La réserve y participe largement puisque 200 à 400 couples viennent s'y reproduire chaque année, soit 40 à 55% des nicheurs de la Brenne.

À l’initiative du WWF, propriétaire de près d’un tiers des terrains de la réserve grâce notamment à l’appui financier de mécènes privés, Chérine s’est lancée, depuis décembre 2015 un nouveau défi afin de répondre aux problématiques posées par le changement climatique. L’objectif principal de ce projet est de mettre en place des outils scientifiques et des techniques permettant de mesurer les retombées du changement climatique sur la faune et la flore de la Brenne.

Nous avons plusieurs ambitions et tout d’abord celle de faire de la Réserve naturelle de Chérine un site d’étude témoin des évolutions de la faune et de la flore de la Brenne. Pour ce faire, les scientifiques vont  élaborer des protocoles scientifiques afin de mesurer l’évolution numérique et spatiale des espèces végétales et animales les plus vulnérables de la réserve afin d’estimer celles qui sont susceptibles de se développer ou au contraire se raréfier à cause des changements climatiques.

Par ailleurs, des pratiques de gestion alternatives vont être testés en ce qui concerne les étangs et la pisciculture notamment afin de rendre la protection des espèces les plus fragiles plus efficace. Enfin, nous ambitionnons de valoriser les connaissances acquises auprès du public et des acteurs locaux par des publications. Pour cela, nous utiliserons de multiples canaux de diffusions afin de sensibiliser les populations.  

A terme, les impacts du changement climatique sur les espèces animales et végétales du site devraient être mieux connus et les 20 000 visiteurs annuels de la Réserve de Chérine mieux sensibilisés aux problématiques des changements globaux et en particulier ceux du changement climatique.

 

Des débuts encourageants

La gestion de la réserve naturelle Chérine associant éleveurs, chasseurs, et propriétaires riverains fait aujourd’hui figure de référence nationale.

Le projet, conjointement réalisé par le WWF et la réserve naturelle de Chérine, a été validé par son Conseil scientifique et le Comité consultatif de gestion de la Réserve naturelle de Chérine.

Dans le cadre du suivi de l’évolution de la faune et de la flore, de nombreuses espèces ont été marquées et un butor étoilé extrêmement menacé au niveau européen a été équipées de balise GPS. C’est une première au niveau national. Les « guifettes moustacs » ont, par ailleurs, comme bon nombre d’oiseaux, été baguées. 
La gestion conservatoire se met elle aussi en place. La pisciculture douce, les pâturages extensifs et la destruction des espèces exotiques envahissantes en sont les principaux leviers. Résultat : il a été relevé que les pratiques extensives assurent le maintien de la biodiversité dans les prairies et les étangs et que l’élevage de races rustiques et la pisciculture douce sont compatibles avec la présence d’une végétation aquatique abondante et variée susceptible d’accueillir une faune riche et abondante. 

Enfin, dans le cadre de la sensibilisation du grand public et des acteurs locaux de nombreux moyens ont été mis en place. Ainsi, des visites libres et des animations ont été créées au même titre que de nouveaux observatoires.
Depuis juin 2016, Chérine offre aux amateurs de photos animalières un observatoire dédié et privatisable, d’où ils peuvent y photographier 5 espèces de héron. En outre, des réunions d’informations sont organisées entres les différentes partie prenante et de plus en plus se sentent concernés. La présentation de l’observatoire « des hérons » faite en présence du directeur général du WWF, du préfet de l’Indre et président du département, a, ainsi, réuni plus de 40 personnes représentant les communes concernées, les chasseurs, éleveurs, responsable du tourisme, etc.

 

Alpes et capucines, Italie

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