Guifette moustac (Chlidonias hybridadans) la Réserve Nationale de Chérine

La Réserve naturelle de Chérine : sentinelle des changements climatiques

S’étendant sur plus de 370 hectares dans l’Indre, la Réserve naturelle nationale de Chérine est réputée pour sa faune et sa flore exceptionnelles. Depuis 2015, nous soutenons la gestion de la réserve et en sommes l’un des propriétaires, aux côtés notamment du Département de l’Indre et de la Ligue de Protection des Oiseaux (LPO).

Un havre de paix pour les espèces menacées de la Brenne

Une flore riche 

On recense près de 590 espèces de plantes supérieures sur la réserve. Parmi elles, 138 peuvent être considérées comme remarquables.

Située au cœur de la Brenne dans le Parc naturel régional, cette zone humide de 100 000 hectares et constituée de près de 4000 étangs, la Réserve naturelle nationale de Chérine est unique par la faune et la flore qu’elle abrite. Véritable havre de paix, elle accueille plusieurs espèces rares et menacées. Certaines viennent s’y reproduire, comme la Guifette moustac (Chlidonias hybrida), un oiseau d’eau de la famille des Sternes. D’autres profitent du riche biotope de la réserve pour s’y développer. C’est le cas de la Cistude d’Europe (Emys orbicularis), une petite tortue d’eau douce aussi appelée “tortue de Brenne”.

La Réserve naturelle de Chérine abrite  64 espèces de papillons, dont la magnifique Écaille chinée, Callimorphe (Euplagia quadripunctaria), ici sur une Eupatoire chanvrine

La Réserve naturelle de Chérine abrite 64 espèces de papillons, dont la magnifique Écaille chinée ou Callimorphe (Euplagia quadripunctaria)

Comprendre l’impact des changements climatiques

La Brenne joue un rôle d’importance nationale pour la guifette moustac : selon les années, de 20 à 25% de l’effectif national s’y reproduit. La réserve y participe largement puisque 200 à 400 couples viennent s'y reproduire chaque année, soit 40 à 55% des nicheurs de la Brenne.

Malheureusement, si les aires protégées permettent de préserver la biodiversité à l’échelle locale, elles restent vulnérables face au changement climatique. Les plantes et les animaux du parc s’adapteront-ils aux bouleversements que le changement climatique va induire ? De nouvelles espèces vont-elles apparaître ? Les étangs rempliront-ils toujours leur rôle de réservoir d’eau pour la faune et la flore ? Comment la gestion des étangs et des autres écosystèmes devra-t-elle évoluer face à ces changements ? Ces bouleversements soulèvent de nombreuses questions auxquelles la réserve tente de répondre... C’est pourquoi nous la soutenons depuis plusieurs années. 

Grâce notamment à l’appui financier de mécènes privés, Chérine teste différents modes de gestion des  étangs afin de rendre la protection des espèces les plus fragiles plus efficace et compatible avec la pisciculture. A terme, les impacts du changement climatique sur les espèces animales et végétales du site devraient être mieux connus et les 20 000 visiteurs annuels de la Réserve de Chérine mieux sensibilisés au caractère unique de cet espace et de ces espèces, ainsi qu’aux problématiques des changements globaux.

Des résultats prometteurs

La gestion de la réserve naturelle Chérine associant éleveurs, chasseurs, et propriétaires riverains fait aujourd’hui figure de référence nationale.

Combinés ensemble, la pisciculture douce, les pâturages extensifs et la destruction des espèces exotiques envahissantes permettent à la biodiversité de se développer. Les pratiques de la réserve ont montré, d’une part, que l’élevage extensif assure le maintien de la biodiversité dans les prairies et les étangs. D’autre part, l’élevage de races rustiques et la pisciculture douce permettent également la présence d’une végétation aquatique abondante et variée susceptible d’accueillir une faune riche. 

Pour suivre l’impact de la gestion de la réserve sur la faune et la flore qui y vivent, de nombreuses espèces font aussi l’objet de suivi scientifiques rigoureux. On utilise par exemple la technique du baguage pour suivre d’une année à l’autre le retour des oiseaux migrateurs dans la réserve. 

Enfin, dans le cadre de la sensibilisation du grand public et des acteurs locaux de nombreux moyens ont été mis en place : des visites libres et des animations ont été créées au même titre que de nouveaux observatoires. Chérine offre désormais aux amateurs de photos animalières de nombreux observatoires, d’où ils peuvent y photographier les oiseaux.

Alpes et capucines, Italie

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