Etang dans la forêt des malgaches (Guyane Française)
Montagne d’Or : désastre écologique, mirage économique

Le projet de mine industrielle en pleine Amazonie est loin de représenter la meilleure option d’investissement de l’argent public.

Protéger la Guyane d’un projet de méga-mine industrielle

Montagne d’Or est un projet de mine d’or industrielle porté par le promoteur russe Nordgold. Prévue en pleine Amazonie, près de deux réserves biologiques intégrales, il s’agirait de la première mine industrielle en Guyane et, de très loin, de la plus importante mine d’or sur le territoire français.

Une menace pour l’exceptionnel écosystème guyanais

Le développement de Montagne d’Or nécessiterait la dévastation d’une zone couvrant l’équivalent de 32 Stade de France !

Le WWF France dénonce l’impact désastreux de ce projet sur un écosystème exceptionnel. Selon l’opérateur, pour extraire l’or, 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 142 millions de litres de fuel seront nécessaires pour les 12 ans de durée de vie du projet.

Au total, 54 millions de tonnes de minerai seront arrachés à la montagne, pour seulement 1,5 gramme de métal précieux par tonne de minerai. L’impact environnemental infligé à la forêt amazonienne de Guyane est évident.

Par ailleurs, et contrairement aux arguments des défenseurs de la mine, le projet n'est pas une solution pour lutter contre l'orpaillage illégal : les métiers sont totalement différents d’un point de vue opérationnel, et surtout, les populations travaillant dans l'orpaillage illégal sont très majoritairement en situation irrégulière (elles ne seront donc pas employées par le projet Montagne d'Or).

Figuier étrangleur. La biomasse des végétaux est constituée en grande partie de carbone. Tout le carbone forestier ainsi stocké n'est pas présent dans l'atmosphère sous forme de CO2, et ne participe donc pas au changement climatique.

Au cœur des racines d'un figuier étrangleur (Guyane)

Un non-sens économique

La fourchette basse des subventions prévues pour le financement du projet atteindrait 420 millions d’euros.

La Guyane connaît un taux de chômage 2 fois plus élevé qu’en métropole et sa population double tous les 25 ans. Cette démographie pèse sur la croissance locale. Le PIB par habitant est en baisse : -2,7 points entre 2014 et 2015.

Bien conscient de l’urgence à s’attaquer à ces enjeux de développement, le WWF France rappelle que la Guyane mérite un développement soutenable qui concilie création d’emplois et protection des ressources naturelles.

Or, le projet “Montagne d’Or” ne répond en rien à ces préoccupations. Les conclusions de l’étude que nous avons menée sont claires : le projet est un mirage en termes de développement pour la Guyane et un gouffre pour l’argent des contribuables.

À lui seul le projet engloutirait au moins 420 millions d’euros de subventions, soit 560 000 euros publics pour chacun des 750 emplois directs annoncés !

De plus, la volatilité du cours de l’or et la dépendance au taux de change euro-dollar créent une incertitude réelle sur la rentabilité de l’ensemble du projet. Si les résultats économiques du projet minier venaient à baisser, l’impôt sur les sociétés payé par l’entreprise diminuerait également. Cette rentrée fiscale, principale retombée attendue du projet pour les finances publiques, est donc très fragile.

Si la rentabilité se dégradait, il y a fort à parier que les promoteurs feraient tout pour la rétablir, notamment en réduisant les dépenses, au détriment de celles sur lesquelles ils ont des marges de manœuvre, le social et l’environnement.

Le tourisme créerait six fois plus d’emplois directs en Guyane

Selon l’étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane, le nombre de touristes en Guyane pourrait être multiplié par 3 d’ici 2024.

Le WWF France prend l’exemple parlant du tourisme qui, à lui seul, permettrait de créer six fois plus d’emplois directs que le projet Montagne d’Or avec quatre fois moins de subventions publiques.

Chaque année, 20 000 touristes visitent la Guyane. Selon une étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane1, si la filière du tourisme bénéficie des investissements nécessaires, ils pourraient être 60 000 par an en 2024. L’objectif : créer à terme 4 500 emplois directs pour un investissement public de 107 millions d’euros publics (soit 24 000 euros publics par emploi créé).


Le WWF France a identifié six autres filières qui pourraient créer de 18 000 à 20 000 emplois au total en dix ans : l’agriculture, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, la pêche, et le bois. À l’instar du tourisme, l’ensemble de ces filières méritent de bénéficier d’un véritable schéma régional de développement et des offres de formation associées.

Pour cela, il est indispensable de disposer des informations relatives au nombre d’emplois ou encore aux subventions publiques.

                    
Étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane (novembre 2013)

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