Vue aérienne de la piste d'atterrissage Paul Isnard près du camp "Montagne d'Or", premier projet d'exploitation aurifère industriel de la société internationale Nordgold (Guyane française)
Montagne d’Or

Désastre écologique, mirage économique : le projet de mine industrielle en Amazonie française est loin de représenter la meilleure option d’investissement de l’argent public.

Protéger la Guyane d'un projet de mine d'or industrielle

Montagne d’Or est un projet de mine d’or industrielle porté par le promoteur russe Nordgold. Prévue en pleine Amazonie, près de deux réserves biologiques intégrales, il s’agirait de la première mine industrielle en Guyane et, de très loin, de la plus importante mine d’or sur le territoire français.

Une menace pour l’exceptionnel écosystème guyanais

La fosse creusée par la compagnie Montagne d'Or représenterait un volume équivalent à 32 Stade de France.

Le WWF France dénonce l’impact désastreux de ce projet sur un écosystème exceptionnel. Selon l’opérateur, pour extraire l’or, 57 000 tonnes d’explosifs, 46 500 tonnes de cyanure et 195 millions de litres de fuel seront nécessaires pour les 12 ans de durée de vie du projet.

Au total, 54 millions de tonnes de minerai seront arrachés à la montagne, pour seulement 1,6 gramme de métal précieux par tonne de minerai. L’impact environnemental infligé à la forêt amazonienne de Guyane est évident.

Par ailleurs, et contrairement aux arguments des défenseurs de la mine, le projet n'est pas une solution pour lutter contre l'orpaillage illégal : les métiers sont totalement différents d’un point de vue opérationnel, et surtout, les populations travaillant dans l'orpaillage illégal sont très majoritairement en situation irrégulière (elles ne seront donc pas employées par le projet Montagne d'Or).

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Figuier étrangleur. La biomasse des végétaux est constituée en grande partie de carbone. Tout le carbone forestier ainsi stocké n'est pas présent dans l'atmosphère sous forme de CO2, et ne participe donc pas au changement climatique.

La forêt guyanaise, puits de carbone et de biodiversité pour la planète.

Un non-sens économique

Le projet bénéficiera d'aides publiques à hauteur d'au moins 420 millions d'euros.

La Guyane a besoin d’investissements pour se développer et créer des emplois mais l'argent capté par les multinationales russe et canadienne ne pourra pas profiter aux acteurs économiques guyanais alors que ce sont les seuls en mesure de développer le territoire. Le WWF France rappelle que la Guyane mérite un développement soutenable qui concilie création d’emplois et protection des ressources naturelles.

Or, le projet “Montagne d’Or” ne répond en rien à ces préoccupations. Les conclusions de l’étude que nous avons menée sont claires : le projet est un mirage en termes de développement pour la Guyane et un gouffre pour l’argent des contribuables.

À lui seul le projet engloutirait au moins 420 millions d’euros d'argent public, soit 560 000 euros publics pour chacun des 750 emplois directs annoncés !

De plus, la volatilité du cours de l’or et la dépendance au taux de change euro-dollar créent une incertitude réelle sur la rentabilité de l’ensemble du projet. Si les résultats économiques du projet minier venaient à baisser, l’impôt sur les sociétés payé par l’entreprise diminuerait également. Cette rentrée fiscale, principale retombée attendue du projet pour les finances publiques, est donc très fragile.

Si la rentabilité se dégradait, il y a fort à parier que les promoteurs feraient tout pour la rétablir, notamment en réduisant les dépenses, au détriment de celles sur lesquelles ils ont des marges de manœuvre, le social et l’environnement.

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Le tourisme créerait six fois plus d’emplois directs en Guyane

Selon l’étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane, le nombre de touristes en Guyane pourrait être multiplié par 3 d’ici 2024.

Le WWF France prend l’exemple parlant du tourisme qui, à lui seul, permettrait de créer six fois plus d’emplois directs que le projet Montagne d’Or avec quatre fois moins de subventions publiques.

Chaque année, 20 000 touristes visitent la Guyane. Selon une étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane1, si la filière du tourisme bénéficiait des investissements nécessaires, ils pourraient être 60 000 par an en 2024. L’objectif : créer à terme 4 500 emplois directs pour un investissement public de 107 millions d’euros publics (soit 24 000 euros publics par emploi créé).

Le WWF France a identifié six autres filières qui pourraient créer de 18 000 à 20 000 emplois au total en dix ans : l’agriculture, le bâtiment, les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, la pêche et la foresterie durables. À l’instar du tourisme, l’ensemble de ces filières méritent de bénéficier d’un véritable schéma régional de développement et des offres de formation associées.

Les Guyanais souhaitent le développement de ces filières et ne considèrent pas la filière aurifère comme un secteur prioritaire pour le développement. Un sondage IFOP publié au début de l'année 2018 a montré que seuls 11 % des sondés pensent que l’or est un secteur à prioriser, loin derrière l’agriculture (44 %), le bâtiment (37 %), le tourisme (29 %), les énergies renouvelables (28 %), l’agro-alimentaire (19 %) ou la pêche (17 %). Malheureusement, l’argent public attribué à Montagne d’Or ne pourra pas bénéficier aux secteurs jugés prioritaires.

                    
Étude du Schéma Régional de Développement du Tourisme et des Loisirs de Guyane (novembre 2013)

Au coeur de la forêt amazonienne
Mission ONF - impacts de l'activité aurifère en Guyane (2016)
Singe dans la forêt d'Amazonie

Une vive opposition des acteurs locaux et nationaux

Les chefs coutumiers amérindiens ont affirmé à de nombreuses reprises leur opposition au projet.

Ce projet fait face à un front d’opposition large et divers. L’UTG, la principale organisation syndicale guyanaise s’oppose fermement au projet ainsi que de nombreux autres acteurs socioprofessionnels. Les populations autochtones sont également fortement mobilisées.

Lors de la Conférence des Peuples Autochtones de Guyane les 16 et 17 décembre 2017, les chefs coutumiers ont réaffirmé leur positionnement “ferme et immuable” contre le projet Montagne d’Or et ont exigé un moratoire sur tous les projets miniers menaçant leurs territoires. La jeunesse fait entendre sa voix à travers le collectif Jeunesse Autochtone de Guyane, engagé depuis plusieurs mois contre le projet Montagne d'Or.

Au niveau national, des centaines de collectifs et associations s'opposent également à Montagne d'Or. La Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) a même demandé un moratoire sur ce projet.

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Les habitants de Tepu, village amérindien de l'intérieur surinamais, participent activement à la définition d'une nouvelle aire protégée dans leur territoire.
Protéger la forêt amazonienne du plateau des Guyanes
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