Les habitants de Tepu, village amérindien de l'intérieur surinamais, participent activement à la définition d'une nouvelle aire protégée dans leur territoire.

Protéger la forêt amazonienne du plateau des Guyanes

Au cœur de la forêt amazonienne se trouvent le Parc national des Monts Tumuc-Humac (Brésil) et le Parc amazonien de Guyane (Guyane française) qui couvrent à eux deux près de 7,3 millions d’hectares : c’est la plus grande forêt tropicale protégée du monde, une biodiversité unique.

Amazonie, un eldorado de biodiversité et de carbone

Poumon vert de la planète, l'Amazonie et son bouclier guyanais remplissent une fonction essentielle de régulation climatique en concentrant près d'un cinquième du stock mondial de carbone.

La forêt amazonienne, et plus particulièrement celle du plateau des Guyanes, abrite une faune exceptionnelle et riche, avec des animaux emblématiques tels que le jaguar, la harpie féroce, le tapir ou la loutre géante.

Elle joue également un rôle primordial dans la lutte contre le changement climatique. En effet, les forêts tropicales humides guyanaises sont des stocks considérables de carbone, à la fois contenu dans les arbres, leurs racines, le sol ainsi que l’ensemble des milliers d’espèces végétales. On estime ainsi qu’à l’intérieur du périmètre du Parc Amazonien de Guyane, les écosystèmes forestiers séquestrent plus d’un milliard de tonnes de carbone, contribuant ainsi à compenser en partie les quantités de CO2 émises par nos activités industrielles chaque année.

En complément des parcs nationaux édifiés par le Brésil et la France respectivement en 2002 et 2007, le Suriname, État frontalier de la Guyane et du Brésil, a annoncé la création prochaine d’un « corridor indigène de conservation », étendant potentiellement le massif forestier protégé de 7 millions d’hectares non fragmentés. Enfin, le Guyana a récemment annoncé la création d’aires protégées d’une surface totale atteignant 2 millions d’hectares.

L’enjeu à terme est de former l’une des plus importantes mosaïques d’espaces protégés pour l’Amazonie : la mosaïque du Plateau des Guyanes, rassemblant parcs, réserves, terres indigènes et zones de gestion durable des 4 pays. Sachant que les forêts de notre planète absorbent environ 20% des émissions totales de CO2 chaque année, la consolidation et la préservation de ce réseau d’aires protégées est primordiale face aux changements climatiques. 

Déforestation due à l'exploitation aurifère sur le plateau des Guyanes (2001 - 2015)

Les écosystèmes forestiers du Plateau des Guyanes de plus en plus fragmentés

Une forêt amazonienne en danger

La forêt amazonienne possède une biodiversité inégalée. Malheureusement cette biodiversité est en sursis ; en 2011, le WWF estimait qu’au rythme de déforestation actuelle, 55% de la forêt amazonienne aura disparu d’ici 2030 et cette tendance reste inchangée.

L’intégrité de ce massif forestier reste fragile. En effet, la déforestation incontrôlée dans cet espace peu habité s’accélère. Ainsi, 1 090 ha de déforestation ont été détectés en Guyane française, près de 17 000 ha sur les 4 territoires concernés pour l'année 2015. 

Ce phénomène s’explique notamment par l'importance croissance démographique dans les Guyanes, et la conversion des zones forestières vers de nouveaux usages ; agriculture, urbanisation... Les activités minières représentent une des causes de déforestation dans la région. Souvent illégales et incontrôlées, ces activités ont détruit plus de 600 km² de forêt primaire dans les Guyanes entre 2001 et 2013, ce qui représente 41% de la déforestation minière en Amazonie.

Par ailleurs, les activités liées à l’orpaillage, très répandues dans la région et majoritairement illégales et incontrôlées, génèrent une pollution au mercure, métal lourd neurotoxique contaminant les cours d’eau des Guyanes, qui s’accumule le long des chaînes alimentaire et attaque le système immunitaire des populations autochtones dont la diète est composée en grande partie de poissons contaminés.    

L’aménagement par l’homme de ces territoires met également à mal ces vastes zones forestières considérées comme le « poumon vert de la planète ». Ces pressions, qui se matérialisent notamment par la construction de routes et l’édification de barrages, nuisent grandement à la biodiversité locale en modifiant son habitat ainsi qu’en affectant l’équilibre climatique.

Les actions du WWF

La plus grande mosaïque de conservation d’Amazonie

A terme, et si les engagements pris se confirment, la superficie de forêt protégée entre le Brésil en Amapá, le Guyana, le Suriname et la Guyane française serait de 16,3 millions d’hectares.

Depuis 1999, le WWF est impliqué en Guyane pour une meilleure protection des écosystèmes forestiers amazoniens. Dans sa volonté de protéger à plus long terme la forêt du plateau des Guyanes, le WWF utilise quatre leviers d’actions.

Tout d’abord, dans la cadre de la protection de l’écosystème forestier et de ses gigantesques stocks de carbone, nous soutenons la création du « corridor de conservation du Sud du Suriname » du Sud surinamais avec les communautés locales. L’objectif ici est de soutenir la société civile ainsi que le réseau d’acteurs associatifs locaux à la définition des conditions de gestion et de financement pour que cette aire protégée soit opérationnelle, pérenne et réponde aux enjeux de préservation du bloc forestier amazonien. Cela c’est notamment fait grâce à l’organisation du meeting de Maripasoula et le soutien de WWF Netherlands.

Dans sa lutte contre la déforestation illégales sur le Plateau des Guyanes, le WWF mobilise les populations locales par le biais d’enquête de terrain le long du fleuve transfrontalier Maroni, ainsi que les services forestiers de la région afin d’utiliser les outils modernes (observations satellites) de suivi de la déforestation.
De plus, nous avons diffusé l’exposition photographique “Coeur des Guyanes” au Suriname, en Guyane ainsi qu’à Paris et au Brésil, en amont de la COP21. Nous avons par ailleurs organisé un événement transfrontalier en rassemblant les jeunes du plateau des Guyanes afin de sensibiliser ce public à la nécessité de préserver les écosystèmes forestiers et l’inciter à s’engager dans la préservation de son environnement.

Enfin, le WWF travaille en Guyane à la mise en évidence d’un modèle alternatif de développement de la Guyane basé sur l’exploitation des ressources renouvelables. Il s'agit d'identifier les filières porteuses (exploitation forestière, énergies renouvelables, pêche, tourisme...), avec des pratiques soutenables et à forte retombée sociale afin de garantir l'équilibre économique-social et environnemental du territoire et ainsi démontrer qu’un autre modèle de développement que celui basé sur les industries extractives est possible en Guyane.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
Votre don est notre force.