20. novembre 2017 — Communiqué de presse

COP23 : des conclusions sur l’ambition climatique, mais l’action des Etats n’est pas encore au rendez-vous

Alors que les négociations des Nations unies sur le climat se sont conclues vendredi, si le WWF reconnaît les progrès réalisés vers plus d’ambition climatique jusqu'en 2020 et au-delà, il rappelle que 2018 sera une année clé pour que les Etats parties revoient à la hausse leurs plans climatiques. 

Drapeaux des différents pays du monde

« Les paradoxes de cette COP ont été stupéfiants »

Pour avancer vers une transition énergétique à domicile, la France et l’Allemagne doivent être motrices pour porter l’ambition de l’Accord de Paris au niveau européen et profiter de 2018 pour relever les engagements climatiques de l’UE.

Un an après l’entrée en vigueur de l’Accord de Paris, les Etats ont pu lors de ces deux semaines de négociations à la COP23 trouver un accord sur des sujets clés liés au renforcement de l’action climatique et du financement à court terme avant 2020, ainsi que sur le rôle du genre, des communautés locales et des peuples autochtones dans l’action climatique.

Cependant, beaucoup reste encore à faire pour assurer que la courte fenêtre d’opportunité dont nous disposons nous permette d'atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat.

Les gouvernements doivent renforcer l’action immédiate pour le climat, finaliser les règles d’application de l’Accord de Paris et décider collectivement de revoir et renforcer l’ambition immédiate des engagements pris à court-terme par les pays d’ici 2020.

“Dès le début, les paradoxes de cette COP ont été stupéfiants. Les négociateurs se sont réunis à Bonn sous la présidence fidjienne et, alors que les Etats délibéraient sur leurs actions futures, les villes, les acteurs locaux, les entreprises et les communautés ont intensifié leurs efforts pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris. Mais malgré l'élan constaté dans les couloirs de Bonn, les pays sont toujours à la traîne. Dans une année marquée par des catastrophes climatiques extrêmes et potentiellement la première augmentation des émissions de gaz à effet de serre en quatre ans prévue pour 2017, le paradoxe entre ce que nous faisons et ce que nous devrions faire est clair : les pays doivent agir avec une plus grande ambition climatique, et bientôt, nous mettre sur une trajectoire vers un futur de 1,5°C”. 
Manuel Pulgar-Vidal, directeur du programme mondial climat et énergie du WWF.

La France, par la voix du Président de la République, doit mener l'Europe vers une ambition à la hauteur de l'enjeu climatique, et ce dès le One Planet Summit du 12 décembre à Paris. Dans ce contexte, le WWF attend que la France accélère à domicile la transformation nécessaire liée à l’énergie, la mobilité, l’agriculture et l’alimentation. Sur ces trois fronts, des engagements doivent être poursuivis ces prochains mois pour véritablement tenir la trajectoire de neutralité carbone.
Pascal Canfin, directeur général du WWF France

“De nombreux facteurs auraient pu faire de cette COP23 une COP de retour en arrière : la position des Etats-Unis, la potentielle augmentation des émissions de gaz à effet de serre en 2017, le recul du gouvernement français sur sa trajectoire de transition énergétique, le retour du clivage Nord-Sud. Malgré tout cela, la COP23 a pu se conclure aujourd'hui avec un accord sous la présidence fidjienne. Cette première « COP du Pacifique » n'a toutefois pas pu apporter de garanties pour répondre à l’urgence climatique. Tout repose donc maintenant sur l'année 2018, dont la COP23 a fixé les grandes étapes, et qui doit aboutir à des engagements climatiques plus ambitieux de la part des Etats, avant que l’Accord de Paris n'entre en plein fonctionnement en 2020.”

“Dans ce contexte, l’Union européenne doit reprendre le flambeau de l’action climatique mondiale. Pour avancer vers une transition énergétique à domicile, la France et l’Allemagne doivent être motrices pour porter l’ambition de l’Accord de Paris au niveau européen et profiter de 2018 pour relever les engagements climatiques de l’UE. Le paquet « Une énergie propre pour tous les Européens », le règlement sur le partage de l’effort climatique, ainsi que les futures discussions sur la réforme de la Politique Agricole Commune et sur la mobilité bas-carbone sont autant d’opportunités à saisir pour fixer un cadre solide et dynamique vers la neutralité en gaz à effet de serre en Europe d’ici 2050.”
Pierre Cannet, responsable des programmes Climat, Énergie et Villes durables au WWF France

Le succès est encore loin d’être garanti

En ramenant l’attention sur l’action immédiate à mener avant 2020, et en s’accordant sur le format d’un processus de revue et d’amélioration de l’ambition climatique à travers le Dialogue, dit “de Talanoa”, la COP23 a posé d’importants jalons qui participent à poursuivre l’esprit constructif de l’Accord de Paris. Mais le succès est encore loin d’être garanti.

La présidence polonaise à venir de la prochaine COP doit appuyer, et même viser à renforcer, les efforts de la présidence fidjienne pour accélérer les progrès vers la finalisation des règles d’application de l’Accord de Paris pour sa pleine mise en oeuvre et assurer un financement prévisible pour les pays en développement, y compris sur les questions des pertes et dommages.

Les pays ne sont pas les seuls à prendre des actions. A travers le Partenariat de Marrakech pour l’Action Climatique des Nations unies, les efforts en cours des gouvernements locaux et des acteurs non-étatiques, y compris les villes, les régions, les entreprises, les investisseurs et la société civile, ont été sous les projecteurs pour dynamiser l’action climatique à la COP23 à Bonn. En ce sens, le PandaHub - pavillon du WWF à la COP23 - a accueilli tout un programme de dialogues et d'événements afin de montrer la valeur de la collaboration et de l’innovation pour un avenir durable et résilient pour tous.