Back
02. December 2019 — Press Release

COP25 : la France doit donner une impulsion avant une année cruciale pour le climat et la biodiversité

La COP25 arrive à un moment d’urgence absolue face à la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité, étayés par les derniers rapports scientifiques et accompagnés d’une vague citoyenne historique à travers le monde appelant à une transition écologique juste et solidaire.

Le Premier ministre Edouard Philippe doit s’exprimer aujourd’hui à la tribune de la COP25 qui se tient jusqu’au 13 décembre à Madrid, sous présidence chilienne.

La COP25 arrive à un moment d’urgence absolue face à la crise climatique et l’effondrement de la biodiversité, étayés par les derniers rapports scientifiques et accompagnés d’une vague citoyenne historique à travers le monde appelant à une transition écologique juste et solidaire. Les Etats sont ainsi attendus à Madrid pour préparer un sursaut mondial pour l’action climatique et la protection de la biodiversité en 2020 à travers des engagements renforcés et des transformations sectorielles clés dans l’énergie, les transports, l’agriculture.

La science a parlé : il est encore possible de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C et ainsi éviter des bouleversements majeurs qui menaceraient la survie de l’humanité, à condition de revoir complètement notre modèle de production et de consommation sur la prochaine décennie. Si de nombreux acteurs au sein de la société civile, associations et syndicats, des collectivités locales et du monde économique, à travers des initiatives telles que Science Based Targets, ont pris la mesure de l’enjeu et agissent déjà à leur niveau, l’action des Etats n’est toujours pas au rendez-vous.

En effet, leurs engagements actuels nous amènent à toute vitesse vers un mur climatique de 3°C d’ici la fin du siècle, alors que les émissions de gaz à effet de serre ont atteint un nouveau record en 2018. Ces engagements devraient être multipliés par cinq pour limiter la température en dessous de 1.5°C selon le dernier rapport de l’ONU Environnement.

Quatre ans après la conclusion de l’Accord de Paris, la COP25 doit décider de ses derniers rouages et garantir ainsi sa pleine mise en œuvre en 2020. En ce sens, cette COP devra avancer sur un certain nombre de questions techniques telles que la révision du mécanisme de Varsovie sur les pertes et dommages, la mise en œuvre de l’article 6 relatif aux marchés carbone ou encore la question des financements.

Au-delà de ces questions, c’est sur leur engagement politique pour l’ambition climatique que les Etats sont attendus à Madrid. Ils doivent annoncer formellement leur intention de revoir l’an prochain leurs engagements de moyen et long terme, tout en précisant la place laissée aux solutions basées sur la nature.

« L'année écoulée a mis en évidence l'ampleur du défi auquel nous sommes confrontés et l'inadéquation de la réponse collective jusqu'à présent, en particulier de la part des grands émetteurs. Nous savons quoi faire, nous avons des solutions. Nous devons maintenant prendre des mesures ambitieuses et transformationnelles pour le climat. Plus on attendra, plus les impacts et les coûts seront élevés, tout en mettant la planète et l'humanité en danger. Les gouvernements doivent saisir l'occasion de la COP25 pour annoncer des stratégies et des engagements nationaux actualisés et renforcés, avec des objectifs de réduction d'émissions à l’horizon 2030 pour atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. »
Manuel Pulgar Vidal, directeur du programme climat et énergie au WWF International

Des drapeaux de nombreux pays à la COP 25, Madrid, Espagne

Le WWF appelle les Etats, à commencer par les plus émetteurs, à prendre leurs responsabilités en apportant les engagements et les financements nécessaires dès la COP25

La transition doit laisser la place à la transformation. La décennie 2020 devra être celle de l’action pour inverser les courbes du réchauffement climatique et de l'érosion de la nature.

Au niveau européen, si le Parlement vient d'envoyer un signal fort en déclarant l’urgence climatique et environnementale, la nouvelle Commission doit maintenant concrétiser cette annonce symbolique par un Green Deal ambitieux incluant notamment un objectif de 65% de réduction des émissions de GES d’ici 2030 vers l'atteinte de la neutralité carbone en 2050, ainsi qu’une allocation de la moitié du budget européen à la transition écologique. L’UE est ainsi attendue dès le Conseil européen des 12 et 13 décembre qui sera crucial pour enclencher une dynamique internationale sur l’ambition, en pleine COP25.   

En France plus particulièrement, alors que le pays dépasse ses budgets carbone depuis plusieurs années et ne tient pas sa trajectoire climatique malgré les objectifs de long terme de neutralité carbone actés, le WWF France attend de nouvelles mesures et actions structurelles pour une transition écologique juste. Malgré des avancées ponctuelles, le gouvernement n’a pas encore su intégrer l’urgence climatique à travers les dernières lois ainsi que le budget 2020.  

Alors que le Premier ministre doit s’exprimer aujourd’hui à l’ouverture de la COP25, le WWF France l’appelle à corriger le tir ces prochaines semaines face aux mesures pour la transition récemment rejetées par le gouvernement et la majorité : le rejet de l’introduction d’un malus poids automobile pour contrer l’explosion des ventes de SUVs, le rejet des de la suppression des garanties à l'exports en faveur des projets liés à toutes les industries fossiles ou encore la remise à plus tard d'un budget vert aligné avec l'Accord de Paris.
 
« Le WWF France appelle le Premier ministre lors de son discours à la tribune des Nations unies à faire preuve de solidarité avec les plus vulnérables face à l’urgence écologique et à apporter les garanties que le gouvernement se mobilisera pour traiter à la racine les différentes crises que nous traversons : celle du climat, de l'effondrement de la biodiversité, de la lutte contre les inégalités. La transition doit laisser la place à la transformation. La décennie 2020 devra être celle de l’action pour inverser les courbes du réchauffement climatique et de l'érosion de la nature. Elle passera nécessairement par la mise à l'échelle des solutions en énergies renouvelables existantes. Le temps est venu d’acter la sortie des énergies fossiles pour embrasser les solutions propres disponibles, compétitives et qui font sens économique et social, tout en mesurant et internalisant les coûts de l’inaction pour la société. »
Véronique Andrieux, Directrice générale du WWF France