Rorqual commun dans le sanctuaire Pelagos
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16. novembre 2018

Bouffée d’oxygène pour les baleines

Bonne nouvelle, dixit l’UICN, les populations de baleine sont à la hausse. Le rorqual commun troque même son statut d’espèce en voie de disparition contre celui d’espèce vulnérable. 

Un colosse aux pieds d’argile

À près de 30 k/h en vitesse de croisière, le rorqual commun est la baleine la plus rapide !

Il peut rester jusqu'à 20 minutes sous l’eau et atteindre des profondeurs de 550 mètres en un temps record. Le rorqual commun est la grande baleine la plus rapide. Voilà pourquoi on le surnomme le « lévrier des mers ».  Avec une longueur d'environ 20 mètres, c'est aussi le deuxième plus grand mammifère marin, juste après la baleine bleue. L’espèce bénéficie enfin d’une grande longévité, probablement une centaine d’années.  Hélas, elle n’en est pas moins menacée…

Il y a peu, on estimait sa population à 60 000 individus environ. On est loin de l’abondance du XVIII siècle. Les causes de ce déclin sont diverses. En effet, malgré un moratoire et une interdiction du commerce international des produits baleiniers, chaque année, près de 1000 baleines sont tuées à des fins commerciales. Les produits chimiques toxiques, les collisions avec des bateaux, les prises accessoires dans les filets de pêche, la pollution sonore et le réchauffement climatique constituent d’autres risques sérieux pour les baleines.

Rorqual commun photographiée en Méditerranée par Frédéric Bassemayousse
Arrière d'un rorqual commun en Méditerranée

L'imaginaire collectif associe les baleines aux eaux froides et aux contrées inaccessibles, mais on trouve 1/4 des cétacés du monde en Méditerranée !

Le WWF riposte

Le Japon, la Norvège et l'Islande ne respectent pas le moratoire qui interdit la chasse commerciale de la baleine.

En 1961, date de création du WWF, 66 000 baleines sont tuées. Face à ce massacre, nous appelons les décideurs à réagir. En 1979, le premier sanctuaire baleinier qui couvre l’océan indien voit le jour et en 1986, un moratoire suspendant toute chasse commerciale est mis en œuvre. Malgré cette mesure, trois pays continuent à chasser les baleines à des fins commerciales (la Norvège, le Japon et l’Islande). Le WWF continue donc de faire pression pour que le moratoire soit appliqué plus fermement. 

Nous effectuons également des prélèvements (biopsies) qui nous permettent de récolter des informations infiniment précieuses. Au-delà du niveau de contamination des espèces par les polluants de type PCB ou les produits organochlorés qui demeurent persistants dans l’organisme, nous réussissons désormais à déterminer le sexe des individus et à reconnaître chacun d’entre eux avec certitude d’une année à l’autre. 
Enfin, face à la menace des collisions, le WWF promeut l’outil REPCET, système satellite développé par l’association Souffleurs d’écume et la société CHRYSAR, qui permet de déceler la présence des animaux et de transmettre l’info en temps quasi réel aux navires.

Rorqual commun nageant à la surface - Mer de Cortez, Golfe du Mexique

Grand migrateur, le rorqual vient s'accoupler et mettre bas en automne et hiver dans les eaux tempérées du Sud.

Les baleines en rémission ?

Le nombre de rorquals :

La population de rorquals communs dans les océans a doublé depuis 1970 !

Pour préserver la diversité de la faune et de la flore, il est important de connaître la situation précise de chaque espèce, de surveiller l’évolution des menaces et d’identifier les priorités d’actions : c’est l’objectif de la Liste rouge des espèces menacées.

Régulièrement, l’UICN, l'Union internationale pour la conservation de la nature, met donc cette dernière à jour pour s’efforcer de coller au plus près de la réalité. Et concernant le rorqual commun, les nouveaux chiffres tombés hier sont plutôt prometteurs. La population mondiale de l'espèce a presque doublé depuis les années 1970. Elle est aujourd’hui estimée à près 100 000 individus.

De son côté, la baleine grise (Eschrichtius robustus) n’est plus en danger critique d’extinction. Elle a rejoint la catégorie « en danger ». Si les populations de ces deux espèces se rétablissent, c’est principalement grâce aux interdictions de chasse commerciale, aux accords internationaux et autres mesures de protection. Mais c’est aussi grâce aux efforts de conservation déployés par divers acteurs, à leur échelle et avec leurs moyens. Quand tout le monde s’y met, cela porte ses fruits. Un message que nous voudrions porter auprès de tous les Etats réunis cette semaine en Egypte à l’occasion de la Convention sur la Conférence sur la diversité biologique.

 

Tous les Effet Panda

Rorqual commun (Balaenoptera physalus)

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