Retour
24. avril 2026

Cinq tigres, un signal fort

Dans les forêts enneigées du nord de la Chine, une scène rarissime a été immortalisée : une tigresse accompagnée de ses cinq petits. Ce chiffre exceptionnel confirme le retour, encore fragile mais bien réel, du félin dans la région.

Un territoire sous pression

Le Tigre de Sibérie ou Tigre de l'Amour (Panthera tigris altaica) est la plus grande sous-espèce de tigre, vivant dans le nord de l'Extrême-Orient, essentiellement en Russie. Les populations de Chine et de Corée ont pratiquement disparu.

Dans le silence des forêts boréales du nord-est chinois, le tigre de l’Amour a frôlé la disparition. Autrefois présent en nombre, ce grand prédateur a vu ses populations s’effondrer sous la pression du braconnage, de la déforestation et de l’expansion humaine. Au début des années 2010, il ne restait qu’une poignée d’individus dans cette région frontalière avec la Russie. Les proies se faisaient rares, les territoires se fragmentaient de plus en plus et chaque déplacement exposait les tigres à des pièges ou à des conflits avec les populations locales. Là où la nature s’étendait librement, routes, villages et activités humaines ont progressivement morcelé l’habitat. Dans le Parc national des tigres et des léopards du Nord-Est de la Chine, aujourd’hui devenu un refuge essentiel, les enjeux restent immenses : garantir suffisamment d’espace pour ces animaux solitaires, sécuriser leurs déplacements et limiter les interactions dangereuses avec les humains. Car la présence du tigre, si elle est un symbole de biodiversité, peut aussi susciter crainte et incompréhension dans des communautés qui ne sont plus habituées à cohabiter avec le félin.

Des actions qui changent la donne

En 2025, 624 patrouilles, 123 pièges retirés et 98 alertes envoyées.

Pour inverser la tendance, le WWF agit concrètement sur le terrain, aux côtés des autorités et des habitants. Des patrouilles, composées de gardes forestiers et de membres des communautés locales, parcourent la forêt à pied pour repérer et démanteler les pièges, surveiller les zones à risque et collecter des indices de présence animale (empreintes, traces, passages). En 2025, ces trois équipes ont mené 624 missions de surveillance, parcouru plus de 11 000 km et retiré 123 pièges. Leur travail est appuyé par le système SMART, un outil qui permet de cartographier précisément les zones sensibles et d’orienter les interventions. À proximité des villages, cinq caméras connectées détectent le passage des tigres et envoient des alertes instantanées aux gardes, qui préviennent ensuite les habitants, via les réseaux locaux. Ce dispositif a déjà permis de diffuser 98 alertes, réduisant les risques de confrontation. En parallèle, le WWF restaure les habitats forestiers et favorise le retour des proies naturelles du tigre, comme les cerfs, pour sécuriser sa chaîne alimentaire. Les habitants sont aussi impliqués dans la gestion du territoire, participant à la surveillance et aux décisions locales, ce qui facilite une cohabitation plus apaisée. 

Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) allongé dans la neige
Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) bébé
Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) sauvage en milieu forestier

Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) allongé dans la neige - Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) bébé - Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) sauvage en milieu forestier

Cinq petits, une preuve vivante

Pour ne manquer aucune de nos actualités, inscrivez-vous à notre newsletter :

Dans la lumière pâle de l’hiver, la neige absorbe chaque bruit. Puis une silhouette apparaît, massive et fluide à la fois. Une tigresse avance, suivie de cinq petites formes hésitantes, leurs pattes s’enfonçant maladroitement dans le manteau blanc. La scène est brève, presque irréelle, capturée par un piège photographique au cœur du Parc national des tigres et des léopards du Nord-Est de la Chine. Cinq petits. Un chiffre exceptionnel : à l’état sauvage, une tigresse donne généralement naissance à un ou deux, voire plus rarement trois ou quatre petits. Cette simple séquence suffit à confirmer une réalité biologique essentielle : les conditions sont aujourd’hui réunies pour permettre une reproduction viable et rare. Les chiffres viennent appuyer ce constat : la population de tigres dans la région est passée d’environ 20 individus en 2010 à près de 70 en 2025, soit plus du triple en quinze ans. En parallèle, les efforts de suivi ont permis d’enregistrer 1 230 traces de faune sauvage en 2025, révélant une dynamique écologique plus large. La pression humaine, elle, recule sur certains fronts : 123 pièges ont été retirés la même année et près de 12 323 heures de patrouille ont été menées.

Jeune petit tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica)
Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) grimpant à un pin

Jeune tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica) - Tigre de l’Amour (Panthera tigris altaica) grimpant à un pin

Une portée de 5 (contre 1 à 4 petits habituellement) et une population multipliée par plus de 3 en 15 ans… Nos efforts portent leurs fruits !  

Côté sécurité, 98 alertes ont été envoyées aux villages grâce aux systèmes de détection, contribuant à réduire les incidents entre les humains et les tigres. 

Ces cinq petits ne sont pas une anomalie : ils sont le signe tangible d’un écosystème redevenu capable de soutenir la vie, d’offrir des ressources suffisantes et de permettre l’installation d’une nouvelle génération. 

voir tous les "Effet Panda"

Tigre dans les arbres

Ensemble, agissons

Le WWF œuvre à la conservation des espèces menacées sur tous les continents. Aidez-nous à poursuivre nos actions au plus près du terrain.

Votre don est notre force.