Des douroucoulis (Aotus vociferans) dans la Réserve nationale Pacaya-Samiria, Pérou
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07. juin 2019

Le Pérou s'engage pour l'Amazonie

Le pays vient de s’engager à protéger plus de 17 millions d'hectares du biome amazonien. En tout, 140 millions de dollars seront affectés à la gestion de 38 zones naturelles protégées (ANP).

Eldorado de la vie sauvage

L’écosystème amazonien a déjà perdu 20% de sa surface totale !

Au XVI siècle, une légende court. Celle d’une contrée fabuleusement riche en or, appelée El Dorado. En 1539, des conquistadors partent à sa recherche et traversent les Andes avant de s'engouffrer dans une énigmatique forêt. Là, ils se font attaquer par une tribu de femmes indigènes qui ressemblent étrangement aux amazones de la mythologie grecque. En mémoire de ces femmes guerrières, le lieu sera baptisé Amazonie.

Aujourd’hui la deuxième plus grande forêt au monde, juste derrière la Taïga, l'Amazonie concentrerait plus de 150 000 variétés de plantes différentes par km2. Une température moyenne de 26°C et des précipitations fréquentes sont propices pour de nombreuses espèces. Ce territoire riche joue un rôle essentiel dans la stabilisation du climat mondial. Son fleuve Amazone, lui, abreuve un cinquième de la planète en eau douce. Mais depuis quelques années, le territoire est en danger : déforestation massive, invasion de l’agriculture moderne et de ses engrais, pesticides et autres toxines ou encore urbanisation croissante.

Protéger le poumon vert de la planète

Sauvegarder 150 millions d’hectares de forêt primaire, c’est notre objectif. Depuis 40 ans, nous faisons front pour préserver l'Amazonie. Aux côtés des communautés locales, des ONG partenaires, des entreprises volontaires et des pouvoirs publics, nous faisons obstacle aux activités humaines qui menacent l’écosystème et tous ses habitants.

Nous participons à la plateforme soja responsable « RTRS » (The Round Table on Responsible Soy), pour promouvoir une production de soja plus responsable qui réponde à la demande mondiale sans grignoter les forêts tropicales. Depuis 2012, nous faisons barrage à la réforme du code forestier fédéral qui menace d’aggraver l’avancée du front pionnier agricole et la destruction de la forêt amazonienne. Via le programme ARPA (Aires Protégées de la Région Amazonienne), nous encourageons la création de nouveaux parcs nationaux.

Une famille péruvienne au déjeuner dans le village de Nueva York, Pérou.

De nombreux villages vivent des ressources que leur apporte la forêt amazonienne.

Le Pérou mise sur la nature

Le gouvernement péruvien investira 140 millions de dollars pour la protection de l’écosystème amazonien !

C’est au cœur de la réserve nationale de Pacaya Samiria (Loreto) que le Président de la République, Martín Vizcarra Cornejo a annoncé la grande nouvelle : son gouvernement va investir 140 millions de dollars pour la protection de l’écosystème amazonien. La somme sera directement affectée à la gestion de 38 zones naturelles protégées ANP. Ce sont 17 millions d’hectares qui seront ainsi mis à l’abri et avec eux, l’ensemble des services qu’ils rendent aux communautés locales. Juste après le Brésil, le Pérou abrite la deuxième plus grande superficie de forêt amazonienne. Ce qui lui confère la première place sur le podium mondial pour sa diversité de papillons et de poissons d'eau douce, la deuxième pour sa variété d’oiseaux et la cinquième pour sa richesse en mammifères et en reptiles.

La planète toute entière tire parti de la grande quantité de carbone stockée dans l’Amazonie péruvienne. Et ses écosystèmes contribuent à atténuer les effets du changement climatique dans le pays, tels que les phénomènes extrêmes comme les sécheresses et les inondations. Outre les services écologiques, ce biome rend également des services économiques, sociaux et culturels irremplaçables aux populations locales.

Pour 1$ investi dans la gestion efficace d’une zone protégée, la population récupère l’équivalent de 100$ de bénéfices sous forme d’eau potable, de nourriture, de médicaments etc.

La nature est un élément fondamental de l’identité péruvienne, les incas la vénéraient. La préserver c’est donc maintenir les traditions mais aussi ouvrir des perspectives de développement. Car ce qui est bon pour l’environnement l’est aussi pour l’économie. Ces aires naturelles protégées sont génératrices de possibilités de développement local et régional durables. La culture responsable des chataîgnes et du palmier aguaje notamment ou encore le tourisme vert offrent des pistes prometteuses… Et pour parachever la démonstration, sachez que pour chaque dollar investi dans la gestion efficace d’une zone protégée, la population récupère l’équivalent de 100 dollars de bénéfices sous forme d’eau potable, de nourriture, de médicaments etc. Un placement plus que rentable, donc !

Tous les Effet Panda

Coucher de soleil sur la forêt amazonienne, Guyane

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