Bois certifié FSC de l'entreprise Kolombangara Forest Products Limited, Iles Salomon

Sécuriser la chaîne d’approvisionnement contre la déforestation et l’exploitation illégale des forêts

Les politiques publiques sur les forêts et les produits bois d’une part, la concurrence sur les marchés d’autre part, ne prennent pas toujours en compte les valeurs non marchandes des écosystèmes forestiers. Face à une gouvernance forestière mondiale inégalement performante, l’approvisionnement responsable et les chaînes d’approvisionnement sans déforestation permettent d’y remédier en partie.

Les pratiques d’approvisionnement peuvent avoir des conséquences désastreuses sur la biodiversité, les communautés et le stock de carbone forestiers, lorsqu’elles sont basées uniquement sur le fonctionnement des marchés. L’approvisionnement sans déforestation est un levier pour encadrer les actions des producteurs en amont, et la demande des marchés en aval afin d’aider à sauvegarder la biodiversité.

Quand on parle de « chaîne d’approvisionnement sans déforestation », on fait référence au fait qu’aucune conversion forestière pour des besoins agricoles ou de plantations industrielles ne doit avoir lieu dans des forêts ayant des grands stocks de carbone (HCS), une grande valeur en biodiversité ou culturelle (Haute Valeur de Conservation, FHVC), ou de forêts faisant l’objet de conflits sociaux. Un engagement zéro-déforestation est un objectif qui permet d’atténuer ces trois types de risque.

La certification des forêts FSC est une certification très fiable au regard de la politique zéro déforestation

De nombreuses certifications (notamment RSPO sur l’huile de palme, Bonsucro sur la canne à sucre, BCI, GRSB, etc.) ne suffisent pas à satisfaire à l’engagement zéro-déforestation. Elles n’intègrent pas certains critères et ne permettent pas non plus de stopper les causes de la déforestation qui sont indépendantes des pratiques des entreprises (agriculture sur brûlis, conflits des droits d’usage des terres etc.). Malgré ses faiblesses, l’avantage d’un système de certification est qu’il organise des objectifs de performance, discutables certes, mais qui servent de base à l’évaluation par une tierce partie indépendante.

A l’inverse, les engagements zéro-déforestation sont avant tout des déclarations écrites ou publiques, faites de façon louables et sincères par les entreprises, mais qu’il s’agit de mettre en oeuvre, suivre et démontrer, par une tierce partie indépendante pour être objectif. Il y a une grande diversité des engagements par les entreprises (légalité, traçabilité, transparence, consentement libre et informé, pas de brûlis etc.). Il y a donc un problème de crédibilité et de suivi des engagements des entreprises.

Le WWF préconise un objectif zéro-déforestation et dégradation nette. Autrement dit, il peut être envisagé, dans certains cas, de déforester de manière raisonnée afin de permettre aux populations de satisfaire leur besoins alimentaires fondamentaux. L’essentiel étant qu’à l’échelle du territoire, la conservation des valeurs (dont la biodiversité des espèces forestières) puissent être maintenues ou restaurées.

Cette approche cherche à réconcilier sur un territoire assez grand, un équilibre entre les usages des terres favorables à la conservation et la production au bénéfice des populations à long terme.

Des engagements « Zéro- déforestation » inégalement répartis

A ce jour, les engagements Zéro déforestation pris par secteur d’activité sont plus élevés chez les négociants (70%) que chez les distributeurs (54%).

Proportion d’entreprises ayant pris des engagements zéro déforestation sur leur chaîne d’approvisionnement par secteur en 2017

Entreprises avec engagement
Entreprises sans engagement

Données en %
Source : Supply Change, 2017 (718 entreprises recensées et évaluées)

Notre mission : relier l’approche territoriale, la régulation publique et monde économique.

Il existe un déséquilibre entre l’impact des ressources clé sur la déforestation et l’attention accordée à une certification de la production durable de celles-ci. A l’échelle mondiale, environ 21% de la production de l’huile de palme est certifiée RSPO ; 5% des forêts certifiées gestion durable FSC et enfin 1% de la production global de soja est certifiée RTRS (Supply Change, 2016). Plus de 80% des engagements dans l’huile de palme, bois et pâte à papier incluent la certification. Mais les chaînes d’approvisionnement des produits d’élevage manquent d’appui d’acteurs de taille suffisante et de standard exhaustif alors qu'elles ont un impact considérable.

Face à ses défis, plusieurs organisations s’impliquent dans la mise en œuvre d’initiatives sur le suivi des engagements, cartographie, etc. (Global Canopy Program, WRI…). Le WWF est en revanche l’une des organisations à pouvoir intervenir et faire le lien entre les entreprises, les consommateurs, les projets de terrain, les communautés locales, le cadre juridique et institutionnel et le système financier.

Travailleuse formée par FSC pour la coupe du bois, District de Phu Loc (Vietnam)

L’engagement du WWF

Le WWF encourage la mise en œuvre d’approches juridictionnelles : plus les engagements et la mise en œuvre d’engagement zéro déforestation par les acteurs privés se multiplient et montrent des résultats satisfaisants, plus les États ont des leviers suffisants pour généraliser ces pratiques et les inclure comme étant la norme d’un code forestier ou agricole. A l’échelle d’un État et pour les pays qui ont pris des engagements zéro déforestation, le défi est maintenant de réaliser une transition agri-forestière, c’est-à-dire d’organiser son territoire entre forêts naturelles, plantations industrielles et agriculture. L’objectif est ici de concilier la demande grandissante en produits agricoles avec la conservation de son capital forestier et les services écosystémiques.

Le WWF oeuvre pour y parvenir. Notre rôle est de mettre les entreprises face à leurs responsabilités et leurs engagements, et de pointer du doigt les acteurs les plus en retard ou ceux qui ne tiendraient pas leurs engagements. Cela passe par les baromètres que publie le WWF de façon régulière et des campagnes de sensibilisation visant à alerter l’opinion publique.

Déforestation et dégradation forestière

La déforestation est une cause majeure de la perte de la biodiversité et du réchauffement climatique. Elle cause la perte des moyens de subsistance des populations locales qui en dépendent et la perte de ressources en eau. La déforestation nous fragilise aussi contre les risques naturels.

Bois et marché du bois

Le bois est un matériau écologique dont l’utilisation permet de prolonger le cycle de vie du carbone en le stockant, et d’être valorisé dans l’efficacité énergétique des bâtiments. Mais le marché du bois est entaché par la présence du bois illégal. L’industrie du bois illégale représente des millions d’euros.

Papier et pâte à papier

Le papier est un produit omniprésent autour de nous, simple et de tous les jours. Issu de sources renouvelables, il peut être un matériau écologique par excellence… si et seulement si les impacts de sa fabrication sont bien gérés, de la forêt à la feuille. Un défi de taille pour un marché mondialisé.

Caoutchouc naturel (hévéa)

Sur le terrain et auprès des acteurs du marché mondial, le WWF agit pour transformer les modes de production du caoutchouc et obtenir une chaîne de valeur sans déforestation, sans expropriation de terres, sans violation des droits de l’homme et du travail, et complètement transparente.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
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