Forêt des Carpates, Parc national de Piatra Craiului, Transylvanie (Roumanie)

Conserver et restaurer des forêts vivantes

Les forêts intactes ou riches en espèces sont des “hauts lieux” à protéger. Mais certaines forêts sont exploitées pour leur bois ou comme lieu de pâturage, d’autres ont été incendiés... Elles sont aujourd’hui écologiquement modifiées ou dégradées. Plus que jamais, leur bonne gestion, voire leur restauration, est une entreprise stratégique.

Protéger les haut-lieux

Peut mieux faire ?

La part des forêts suffisamment protégées en France métropolitaine par des statuts stricts (réserves naturelles et cœurs de parc national) n'est que 1,1 %.

Certaines forêts sont des hauts-lieux. Celles que les spécialistes dénomment forêts à haute valeur de conservation, intactes, anciennes ou parfois primaires, ou qui sont particulièrement riches en espèces menacées ou endémiques, constituent pour le WWF une priorité d’action. Derrière les grandes espèces charismatiques connues de tous (ours, tigre, gorille, orang-outan…), se cachent une extraordinaire richesse en espèces ayant besoin des forêts pour survivre, pour le gîte ou le couvert.

La biodiversité n’est pas organisée au hasard. Les scientifiques commencent à mieux le comprendre : climat et sol, histoire, ancienneté, maturité des arbres, faible impact des modifications d’origine humaine dans les temps passés… sont autant de paramètres qui concourent à leur richesse. La biodiversité d’aujourd’hui est un leg de l’histoire.

Ainsi, une forêt bien protégée d’Europe tempérée d’à peine quelques centaines d’hectares peut abriter plus de 6 000 espèces : des plantes à fleurs, des champignons, des mammifères, des oiseaux et surtout des insectes. Même ces toutes petites espèces sont utiles à la vie de la grande forêt : les unes pour polliniser les fleurs, les autres pour disséminer les graines, les dernières pour recycler le bois mort en humus fertile, pour que germe et pousse le nouvel arbre ainsi bien né. Un vrai travail d’équipe. Dans les forêts tropicales, la richesse est encore plus grande : en Guyane, un seul hectare de forêts du Parc amazonien peut compter plus de 150 espèces d’arbres différentes. Or les forêts tropicales sont les plus soumises aujourd’hui à la déforestation.

Mangrove, parc national de Masoala (Madagascar)

Rien n’est absolu en ce monde, la virginité des forêts non plus

Protéger ces hauts-lieux est indispensable. Les parcs nationaux et les réserves naturelles, dont l’objectif premier est la protection du patrimoine naturel, sont là pour cela. Aujourd’hui, en Europe, les forêts les plus naturelles (dont celles de l’Est de l’Europe comme celles des Carpates ou de Bialowieza en Pologne) sont parfois mises en danger du fait de l’insuffisance des politiques de protection, de conflits avec une exploitation forestière accrue et non durable ou enfin du développement des infrastructures. En France métropolitaine, à peine 1,1% des forêts sont protégées par des statuts de protection stricts. Outremer, les enjeux sont également très grands, les menaces étant très fortes : orpaillage en plein cœur du Parc Amazonien de Guyane, espèces invasives et incendies en Nouvelle-Calédonie...

Bien gérer les forêts productives

La France en retard

Les critères exigeants du standard national FSC garantissent des améliorations substantielles de la gestion des forêts productives sur seulement 0,2% de la surface forestière métropolitaine.

Les forêts produisent de multiples produits forestiers et services écologiques (stockage du carbone, protection des eaux, récréation...) dont nous avons besoin. Aussi est-il nécessaire de mettre en œuvre une gestion exemplaire de ses forêts dites productives. Elle représentent également la majorité de la surface forestière. Seuls, les réserves et parcs nationaux ne suffisent pas à conserver la biodiversité... et la politique forestière française peine à devenir vraiment durable.

La gestion durable, responsable, proche de la nature, on en parle depuis longtemps, mais qu’est-ce que cela veut dire ? Où est-elle déjà réellement mise en œuvre ? Le WWF œuvre pour qu’elle s’inspire des forêts anciennes et matures les mieux conservées pour être réellement efficace. Dans le cadre des marchés du bois, de l’énergie-bois ou du papier, de plus en plus mondialisés, la réalité économique amène à développer des outils définissant ce qui est dans un pays donnée une gestion forestière responsable.

L’éco-certification FSC est l’un de ses outils. Après plusieurs années de négociation, le standard national de gestion forestière certifiée FSC pour la France métropolitaine a été publié en 2017.

La certification FSC permet de s'assurer que le bois coupé ne participe pas à la déforestation, et n'est pas issu de forêts anciennes

Restaurer les forêts dégradées

La restauration de la nature sous-entend une révolution économique, c’est vrai. Mais le faire maintenant pour avoir des ours, des lynx, des hérons, des aigles, des marais et des forêts sauvages, ce serait moins coûteux que d’y être acculé dans cinquante ans, pour sauver la dernière violette sous le dernier buisson

Après des siècles d’histoire, certains territoires sont aujourd’hui écologiquement dégradés. Ils ont été surpaturés, incendiés, mis en culture puis abandonnés. Leurs forêts n’ont plus la même richesse biologique. Elles contribuent de moins en moins au bien-être de leurs habitants, qu’ils soient végétaux, animaux ou humains. Il faut donc agir.

Les grands accord mondiaux (de Paris sur le climat en 2015, de New York sur les forêts en 2015, d’Aichi sur la conservation de la diversité biologique en 2010, le challenge de Bonn sur la restauration des forêts dégradées en 2011) consacrent tous l’objectif impérieux de restaurer significativement les forêts dégradées. Que cela soit pour qu’elles retrouvent leur biodiversité, soient mieux capables de s’adapter aux changements climatiques en cours, ou bien qu’elles jouent leur rôle dans le stockage du carbone ou dans la production durable de ressources et services, plus que jamais, la restauration des forêts dégradées est une entreprise stratégique, mais ô combien difficile.

Comment s'y prendre ? Restaurer une forêt est une tâche bien plus complexe que la simple plantation d'arbres. Depuis 2001 le réseau WWF se mobilise sur la question, en rassemblant les connaissances scientifiques existantes sur le restauration des paysages forestiers (FLR en anglais) et en développant des projets sur le terrain de part le monde. Le WWF France est par exemple particulièrement impliqué sur des projets de restauration en Nouvelle-Calédonie et à Madagascar (forêt humides et mangroves).

Restauration des forêts dégradées

Certains territoires sont aujourd’hui écologiquement dégradés et leurs forêts contribuent de moins en moins au bien-être de leurs habitants. Plus que jamais, la restauration des forêts dégradées est une entreprise stratégique pour le climat, la biodiversité ou les ressources.

Forêts naturelles d'Europe

Les forêts les plus intactes constituent des “hauts lieux” pour la biodiversité. Partout. Tout près de chez nous comme dans le monde tropical. Or en la matière, en Europe, il y a urgence à stopper la dégradation des derniers lambeaux de forêts intactes.

Certification des forêts FSC

Le consommateur de bois, papier, biomasse-énergie... a besoin de garanties sur la légalité de l’exploitation, l’absence de lien à la déforestation, la gestion durable, la conservation de la biodiversité. FSC est la seule certification suffisamment exigeante face aux enjeux des marchés des produits forestiers.

Nos projets actifs

Le WWF œuvre depuis des années à ce que l’intégrité des forêts les plus importantes au monde soit enrichie et maintenue. A travers différents projets de terrain, le WWF mène des actions de conservation des forêts primaires et restauration forestière, tout en essayant de normer le marché des produits forestiers.

Conserver les forêts emblématiques de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie est un territoire dont les caractéristiques géographiques et géologiques, associées à son insularité, ont fortement influencé l’évolution écologique. Les forêts de Nouvelle-Calédonie présentent un taux d’endémisme parmi les plus élevés de la planète, leur conservation apparaît dès lors comme une priorité mondiale.

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Protéger et restaurer les forêts humides de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie, l’un des principaux hotspots de biodiversité de la planète, jouit de forêts tropicales exceptionnelles mais également d’une diversité biologique sans commune mesure. Malheureusement, par son comportement, l’homme menace fortement de détériorer ces espaces uniques.

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Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
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