Vue d'une forêt en Nouvelle-Calédonie

Protéger les forêts emblématiques de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie héberge une faune et une flore remarquables. Ses forêts présentent un taux d’endémisme parmi les plus élevés de la planète, leur conservation apparaît dès lors comme une priorité mondiale. Coûte que coûte, nous devons protéger l’existant. 

Une richesse inouïe

Un endémisme record

76% des espèces végétales de la Nouvelle-Calédonie sont endémiques.

La Nouvelle-Calédonie est une page vivante du livre d’histoire naturelle et humaine de notre planète. Situé dans le Sud-Ouest de l’océan Pacifique, l’archipel se démarque par la variété de ses paysages, sa nature luxuriante et la diversité des espèces qu’il abrite. En effet, les écosystèmes qui le composent sont des vestiges du supercontinent Gondwana dont il s’est séparé il y a 80 millions d’années. Ces derniers ont suivi une évolution divergeant de celle des terres voisines leur conférant une biodiversité originale.

Sa forêt humide notamment, située sur les flancs et sommets des montagnes, abrite plus de 3 400 espèces de plantes dont plus de 76% sont uniques au monde, un taux exceptionnel. Coté faune, la Nouvelle-Calédonie héberge aussi des espèces qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Il y a le cagou, cet oiseau qui ne vole pas, avec son plumage gris-bleu rayé de brun dont la huppe évoque le panache d’un chef indien. Il y a aussi la roussette, cette impressionnante chauve souris qui, malgré son envergure (elle peut atteindre jusqu’à un mètre), est totalement inoffensive ou encore les nombreux geckos, longs comme des avants-bras, que l’on entend ramper d’une feuille à l’autre. 

Cette forêt quasi mystique offre des services irremplaçables aux communautés Kanak qui vivent à ses abords, en particulier la tribu de Gohapin qui en dépend pour sa survie : régulation de l’air, épuration de l’eau, approvisionnement en nourriture et en pharmacopée... Si le biotope venait à disparaître, il faudrait payer tous ces services qu’il procure aujourd’hui gratuitement, en admettant que l’on soit en capacité de les rendre aussi bien que lui. 

Roussette d'Australie sur une branche
Le Cagou, oiseau emblématique de Nouvelle Calédonie
Gecko géant de Nouvelle-Calédonie agrippé à un tronc d'arbre.

La roussette, le cagou et le gecko font partie des nombreuses espèces endémiques de la Nouvelle-Calédonie.

Un écosystème en péril

Répartition de la flore terrestre en Nouvelle-Calédonie selon les critères IUCN

Danger critique (CR)
En danger (EN)
Vulnérables (VU)
Quasi-menacées (NT)
Préoccupation mineure (LC)
Non évaluées (DD)

Endemia - 2019

Malheureusement, la faune et la flore calédoniennes sont en grand danger. Aujourd’hui, 2/3 des forêts humides ont déjà disparu. Quant aux forêts sèches, elles sont devenues le symbole de la dégradation des écosystèmes. Présentes uniquement sur la côte Ouest de la Grande Terre, il ne reste plus que 2% de leur surface originelle. En cause notamment, l’activité humaine

Les incendies, tout d’abord, constituent une préoccupation majeure sur le territoire. En moyenne 20 000 hectares, soit plus de 1% du territoire. C’est la surface brûlée annuellement. S’ils démarrent le plus souvent dans les zones ouvertes de savanes, depuis quelques années les feux viennent grignoter les lisières forestières et se propagent dans des zones toujours plus éloignées.

Le nickel, ensuite. Industrie majeure du territoire, l’exploitation de ce minerai a fortement progressé du fait de la mécanisation et a modifié le paysage calédonien en conséquence. Des crêtes jusqu’aux côtes, ses effets ne sont pas sans conséquences sur l’environnement, qu’ils soient terrestres ou marins.

Enfin, les invasions biologiques animales et végétales constituent un véritable fléau pour les espèces indigènes, à l’image du cerf de java. Il y a 200 ans environ, une douzaine d’animaux a été introduite à la demande de la femme du gouverneur de l’époque parce qu’elle en voulait quelques spécimens dans son jardin. Aujourd’hui, l’espèce invasive compterait plus de 400 000 individus qui dévastent les forêts, piétinent les nids des oiseaux qui nichent au sol. Ces derniers, moins nombreux, ne régulent plus suffisamment le nombre d’insectes et ne peuvent plus contribuer à la reconquête des forêts en dispersant les graines des fruits qu’ils mangent. C’est ainsi tout l'équilibre d’un biotope qui se trouve perturbé.

Protéger l’existant et restaurer les parcelles dégradées

« Restaurer les forêts dégradées est nécessaire, mais même avec beaucoup de travail, nous ne re-créerons pas le milieu naturel tel qu’il l’était avant d’être détruit. D’où l’importance de protéger l’existant avant tout. »

Les forêts humides de la Chaîne Centrale, massif montagneux courant tout le long de la Grande Terre, sont le château d’eau de ce territoire insulaire. Pour assurer leur préservation, le WWF participe à la restauration forestière du premier château d’eau du territoire car c’est lui qui alimente le plus grand nombre d'habitants. Il s’étend depuis Dumbéa jusqu’aux bassins versants des lacs du Sud. Nous y menons de vastes actions de reboisement en collaboration avec les populations bénéficiant des services rendus par les forêts.

De plus, afin d’alerter les décideurs sur les dangers pesant sur la ressource en eau, des études mettant en évidence le rôle, les menaces mais également les opportunités pour la protection des forêts, sont menées. Dernière en date : le diagnostic de l’état de santé des périmètres de captage d’eau. Objectif : évaluer l’état de dégradation des forêts sur les périmètres de protection des captages d’eau afin de cibler les actions prioritaires de restauration écologique et/ou de protection.

Enfin, via les médias, nous nous efforçons de faire entendre notre voix pour sensibiliser régulièrement le public calédonien à la nécessité de préserver leur patrimoine naturel. Chacun peut lutter à son échelle contre la dégradation des écosystèmes et prendre part à la conservation des forêts uniques de Nouvelle Calédonie. 
 

Vue aérienne de la canopée de la Réserve de Wonga Wongué (Gabon)

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