Plantation de nouveaux arbres pour les forêts de Nouvelle-Calédonie

Protéger et restaurer les forêts humides de Nouvelle-Calédonie

La Nouvelle-Calédonie, l’un des principaux hotspots de biodiversité de la planète, jouit de forêts tropicales exceptionnelles mais également d’une diversité biologique sans commune mesure. Malheureusement, par son comportement, l’homme menace fortement de détériorer ces espaces uniques.

Une biodiversité d’une richesse inouïe

La Nouvelle-Calédonie est une page vivante du livre d’histoire naturelle et humaine de la planète, une page unique au monde.

Située dans le Sud-Ouest de l’océan Pacifique, la Nouvelle-Calédonie se démarque par la diversité de ses paysages, sa nature luxuriante et la richesse du nombre d’espèces qu’elle abrite. En effet, les écosystèmes qui l’occupent sont des vestiges du supercontinent Gondwana, dont elle s’est séparée il y a 80 millions d’années. Ces derniers ont suivi une évolution divergeant de celle des terres voisines leur conférant une biodiversité originale.

La forêt humide calédonienne notamment, située sur les flancs et sommets des montagnes, abrite ainsi plus de 2 000 espèces de plantes dont plus de 80% sont uniques au monde, un taux quasiment unique sur la planète.

Au niveau des espèces animales, le cagou est le héraut de cette faune endémique. Cet oiseau non volant au plumage gris-bleu rayé de brun et à la huppe évoquant le panache d’un chef indien, ou encore les roussettes (chauve-souris géantes), sont des espèces emblématiques des forêts humides de l’île. Elles sont malheureusement de plus en plus menacées par la disparition et la fragmentation de ce milieu. Ce sont non seulement des pans entiers de diversité qui risquent de disparaître mais également des forêts précieuses qui protègent les populations humaines des aléas naturels tels que glissements de terrain, inondations ou pénuries d’eau.

Un écosystème en péril

Restaurer les forêts dégradées est nécessaire, mais même avec beaucoup de travail, nous ne re-créerons pas le milieu naturel tel qu’il l’était avant d’être détruit. D’où l’importance de protéger l’existant avant tout.

Malheureusement, la faune et la flore calédoniennes sont en grand danger. En cause notamment, l’activité humaine. En effet, les massifs forestiers et les espèces qui les composent sont menacés par les industries minières, les incendies, les invasions biologiques animales et végétales et le trafic de certaines espèces. Aujourd’hui, 2/3 des forêts humides ont déjà disparu du fait de ces pressions.

L’homme pâtit également de cette situation puisque la déforestation menace l’approvisionnement en eau des populations. Lorsque le couvert forestier disparaît, l’eau de pluie ne s’infiltre plus dans les sols et les réserves souterraines ne se reconstituent pas. En contrepartie, le ruissellement s’accentue, accroît le risque d’inondation dans les vallées côtières et génère une forte érosion, conduisant à des glissements de terrain, une pollution des cours d’eau et à l’asphyxie de la faune et de la flore rivulaires et marines.

Ces phénomènes sont d’autant plus marqués qu’ils sont influencés par les dérèglements climatiques, une menace de plus à prendre en compte sur ce territoire insulaire. En effet, les îles sont sensibles à la hausse du niveau des mers provoquant des remontées d’eau salée, à l’augmentation de la fréquence des événements climatiques extrêmes malmenant les écosystèmes, et perturbant également la répartition des pluies. La restauration et la préservation du couvert forestier apparaissent donc cruciales pour la préservation de la biodiversité, mais aussi pour la disponibilité en eau et la réduction du risque d’inondation et glissements de terrain.

L'action du WWF pour les forêts humides

Etat de santé des forêts pour la ressource en eau

Très dégradé
Dégradé
Peu dégradé

Les forêts humides de Nouvelle-Calédonie concentrent les sites de captages d’eau pour les populations. Or 90% des surfaces sont dégradées voire très dégradées.

Les forêts humides de la Chaîne Centrale, massif montagneux courant tout le long de la Grande Terre, sont le château d’eau de ce territoire insulaire.

Pour assurer leur préservation, le WWF participe à la restauration forestière de deux bassins versants emblématiques de Nouvelle-Calédonie, Dumbéa (premier château d’eau du territoire en termes d'habitants alimentés) et Gohapin (plus grande tribu de la province Nord), en menant de vastes actions de reboisement en collaboration avec les populations bénéficiant des services rendus par des forêts.  

De plus, afin d’alerter les décideurs sur les dangers pesant sur la ressource en eau, des études mettant en évidence le rôle, les menaces mais également les opportunités pour la protection des forêts, sont menées. Dernière en date : le diagnostic de l’état de santé des périmètres de captage d’eau. Objectif : évaluer l’état de dégradation des forêts sur les périmètres de protection des captages d’eau afin de cibler les actions prioritaires de restauration écologique et/ou de protection.

Enfin, le public calédonien est régulièrement sensibilisé et mobilisé en faveur de l’environnement via les médias, les réseaux sociaux et la participation aux événements WWF tels que le Pandathlon, course de trail qui mobilise annuellement plus de 600 coureurs, des entreprises et de nombreux médias et dont les fonds financent, deux semaines après la course, un chantier de plantation de 1 500 arbres sur le site même. Cette campagne permet à chacun de lutter à son échelle contre la dégradation des écosystèmes et de participer à la conservation des forêts uniques de Nouvelle Calédonie, et donc de sa ressource en eau et de sa biodiversité exceptionnelle.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
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