Récolte des fruits du palmier à huile dans une plantation de la région de Sabah (Malaisie)

Pour une production responsable d’huile de palme

L’huile de palme a envahi notre quotidien : elle est présente partout, depuis notre margarine jusque dans nos cosmétiques. Si les pratiques mises en œuvre ne sont pas responsables, sa culture peut dévaster des forêts entières, des populations d’animaux sauvages, des communautés et contribuer au bouleversement climatique. Il est donc urgent d’agir afin d’éviter le point de non-retour.  

L’essor de la production d’huile de palme

C’est la part que représente l’huile de palme parmi l’ensemble des huiles végétales consommées sur la planète (données 2014/2015).

De la margarine au rouge à lèvres, du chocolat à la lessive, des carburants à l’alimentation animale, l’huile de palme est un composant que nous retrouvons dans un nombre important de produits du quotidien. En effet, 80% de l’huile palme est utilisée à des fins alimentaires, 19% est utilisée dans les produits cosmétiques et 1% pour produire de l’énergie.

Il s’agit de l’huile végétale la plus produite, consommée et vendue au monde, représentant 38% de la consommation globale d’huiles végétales en 2014/15. Entre 1994 et 2014, la production d’huile de palme a été multipliée par quatre pour atteindre plus de 65 millions de tonnes. La production a principalement lieu en Indonésie et Malaisie, qui concentrent 85% de la production mondiale. Le reste est produit dans des pays tropicaux d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine. A l’horizon 2030, la FAO estime que les volumes produits devront être deux fois supérieurs à ce qu’ils étaient en 2000.
En Malaisie, la surface des palmeraies ne cesse de s’accroître : elle est ainsi passée de 3,34 millions d’hectares en 2000 à 4,86 millions d’hectares en 2010. Par ailleurs, la part de surface allouée aux petits exploitants d’huile de palme a été démultipliée sur la même période. Si en 2000 ils possédaient 9,6% des surfaces plantées, ils en possédaient 14% en 2011.

L’huile de palme est donc polyvalente, très productive et permet de créer un très grand nombre d’emplois, depuis le petit producteur aux grosses industries, contribuant aux économies locales et nationales et constituant, pour les populations rurales, une opportunité de sortir de l’extrême pauvreté.

Plantation en terrasse de palmiers à huile (Malaisie)

Les impacts de la production d’huile de palme en Asie du Sud-Est

L’huile de palme serait responsable de 90% de la déforestation en Indonésie et en Malaisie.

Malgré les intérêts que présente l’huile de palme, le revers de la médaille est moins reluisant : si elle est produite au mauvais endroit et en utilisant des pratiques non durables, elle détruit les écosystèmes et menace les populations et la vie sauvage, ainsi que le climat global.

En effet, les palmiers à huile se développent le mieux dans des milieux chauds et humides, c’est-à-dire exactement où les forêts tropicales se situent. Au cours des deux derniers siècles, 90% des forêts malaisiennes et indonésiennes ont été détruites, notamment à cause de l’exploitation du palmier à huile. Cette dernière détruit l’habitat naturel de très nombreuses espèces comme les orangs-outans, les éléphants ou les rhinocéros, aujourd’hui extrêmement menacés. Il est ainsi estimé qu’une plantation de palmier à huile réduit de 90% au minimum le taux de biodiversité par rapport à une forêt tropicale primaire. De plus, l’expansion des activités de production d’huile de palme et les pratiques agricoles qu’elles engendrent ont accru la pollution des sols, des eaux et de l’atmosphère. Par exemple, en 2015, la pratique de la culture sur brûlis a occasionné la production de nuages de fumée, impactant ainsi la santé de milliers de personne pendant plusieurs semaines.

La plantation de palmiers à huile s’est également faite au détriment des tourbières, écosystèmes stockant d’importantes quantités de carbone, ce qui a participé à relâcher d’importantes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les populations sont également impactées, surtout les communautés qui dépendent de la forêt pour leur subsistance. Pour eux, la déforestation signifie perdre une partie de leur patrimoine culturel et de leur alimentation et mène à des conflits avec les grandes plantations d’huile de palme en raison des déplacements forcés des populations natives.

C’est dans ces conditions que l’approvisionnement responsable en huile de palme constitue donc un défi de taille, aussi bien pour les producteurs que pour les consommateurs ainsi que tous les intermédiaires de la chaîne d’approvisionnement (fabricants d’aliments du bétail, industries agroalimentaires ou encore distributeurs).

Kinabantangan (Malaisie)

Les solutions pour un approvisionnement responsable en huile de palme

Afin de permettre une production responsable d’huile de palme, le WWF s’efforce d’agir à tous les niveaux de la filière. Pour transformer les marchés, le WWF soutient la certification RSPO (table ronde sur l’huile de palme durable) et travaille avec les entreprises (distributeurs, industries agro-alimentaires, fabricants d’alimentation du bétail…) qui achètent de l’huile de palme pour les inciter à s’engager en faveur de l’utilisation d’huile de palme respectant un minimum de garanties environnementales et les encourager à soutenir des projets de terrain visant à faire certifier des producteurs d’huile de palme (par exemple les petits producteurs de Bornéo). Le secteur financier doit aussi intégrer comme prérequis à ses financements des garanties environnementales strictes.

Pour influencer les pouvoirs publics, le WWF souhaite convaincre les organes décisionnaires afin de supprimer la déforestation des chaînes d’approvisionnement alimentaires françaises. Concernant les agrocarburants, le WWF demande en priorité que soit réduit au maximum l’utilisation de carburant, puis que soient développés les agrocarburants de seconde voire de troisième génération et qu’enfin si l’on doit encore utiliser des agrocarburants de première génération à court terme, qu’ils respectent des critères stricts de durabilité.

Pour agir sur la consommation, le WWF rappelle qu’afin d’avoir une alimentation durable et de protéger la forêt, une alimentation moins transformée, de saison, locale et durable, voire biologique doit être favorisée en priorité. Nous recommandons en second lieu d’acheter les produits certifiés RSPO pour le cas de l'huile de palme.

Comment avoir une huile de palme plus durable ?

Nos projets actifs

Le WWF s'engage pour lutter efficacement contre les pressions qui pèsent sur la biodiversité et prône des pratiques alimentaires plus respectueuses. Que ce soit sur terre ou en mer, nous menons des projets afin de préserver les ressources naturelles et garantir la sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous.

Scorecard huile de palme : évaluation des entreprises quant à leur utilisation d’huile de palme responsable

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Huile de palme : permettre aux petits exploitants d’accéder au marché durable

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