Vue aérienne d'un site de ponte de tortues marine en Nouvelle Calédonie

Identifier et protéger les sites de ponte des tortues marines du Grand Lagon Sud en Nouvelle-Calédonie

Située au cœur d’un bien inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, les îlots du Grand Lagon Sud de la Nouvelle-Calédonie sont fréquentés pendant l’été austral par des tortues marines qui viennent y pondre. L’importance du site pour ces espèces classées sur la liste rouge de l’UICN a jusqu’ici été sous-estimée.

Halte pour les tortues marines

Des œufs par milliers 

Les tortues « grosse tête » pondent en moyenne 120 œufs par nid.

La Nouvelle-Calédonie offre des sites de ponte majeurs pour les tortues marines. Chaque année, plusieurs milliers de femelles tortues vertes (Chelonia mydas) viennent pondre sur les îlots des récifs d’Entrecasteaux et Chesterfield, faisant de la Nouvelle-Calédonie le deuxième site de ponte en termes d’importance pour cette espèce dans le Pacifique Sud. Le pays joue également un rôle critique pour les tortues caouanne ou grosse tête (Caretta caretta), car il a été estimé que 20% des femelles pondeuses du Pacifique Sud s’y retrouvent chaque année.

Pour cette espèce, un site de ponte en particulier fait l’objet d’un suivi rapproché : celui de la Roche-Percée à Bourail, où des centaines de pontes sont répertoriées chaque saison. Ce suivi, mené à l'initiative d’une association locale, Bwärä Tortues Marines, a permis d’améliorer grandement la protection de cet important site.

Mais des survols aériens menés en 2006-2007 par le WWF ont montré que la Nouvelle-Calédonie abrite également de nombreux autres sites de ponte plus petits dispersés sur la multitude d’îlots qui constellent ses lagons. C’est notamment le cas dans le Grand Lagon Sud, zone inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. L’importance de ces sites est méconnue et aucun suivi n’y est réalisé. Il est pourtant probable qu’ils représentent un enjeu jusqu’ici sous-estimé pour la sauvegarde des tortues marines. Il est nécessaire de réaliser un état des lieux précis pour déterminer le nombre de femelles concernées et établir la meilleure façon de fonctionner afin de suivre cette population.  

Tortue verte (Chelonia mydas)

Tortue verte (Chelonia mydas)

Un suivi des sites de ponte adapté aux îlots

Malgré le fait qu’elles soient protégées, on estime qu’un seul bébé tortue marine sur mille atteint l’âge de se reproduire.

Les tortues vertes et les tortues « grosse tête » sont deux espèces de tortues marines particulièrement menacées. Bien qu’elles soient protégées en Nouvelle-Calédonie, il n’en est pas forcément de même sur les autres territoires qu’elles peuvent être amenées à côtoyer au cours de leur existence.
Il est donc crucial de bien suivre l’évolution de leurs sites de ponte. Sur le long terme, ces informations peuvent offrir un indice sur la dynamique globale de la population.

Cependant, la multitude d’îlots dont l’accès est difficile représente un obstacle majeur à la mise en œuvre d’un dispositif “classique” de suivi des sites de ponte, comme cela se fait sur d’Entrecasteaux ou le site de la Roche Percée. Pour le Grand Lagon Sud, il convient de rechercher un protocole plus adapté qui soit à la fois robuste et réaliste d’un point de vue logistique. C’est ce à quoi se consacre le WWF.

Relevé des empreintes des tortues marines sur la plage du Grand Lagon Sud
Traces de tortues marines sur la plage du Grand Lagon Sud (Nouvelle-Calédonie)

Relevé des empreintes des tortues marines sur la plage du Grand Lagon Sud

L'action du WWF

Afin de réaliser ce projet, le WWF apporte une contribution tant par des moyens humains, techniques que financiers.

Le WWF France, et plus précisément son bureau en Nouvelle Calédonie, est à l’initiative d’un projet d’étude et de suivi des sites de ponte des tortues marines dans le Grand Lagon Sud, initié au cours de la saison de reproduction 2016-2017.

Nous avons procédé à l’inventaire et à la caractérisation des sites pontes et avons conduit une étude pilote qui nous permettra de nous donner une idée du meilleur protocole à adopter à l’échelle du lagon. Les données collectées serviront à établir un état de lieux des sites de pontes et à conseiller les gestionnaires des îlots quant aux mesures de conservation et de gestion à adopter.

Par ailleurs, nous participons à la mise en place d’un vaste plan de communication afin de sensibiliser le grand public à la protection des tortues et de leurs nids et de participer à la nécessaire évolution des mentalités et usages.

A terme, nous souhaitons contribuer, à travers l’angle des espèces emblématiques, au rayonnement du Grand Lagon Sud, site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Jeunes tortues luth (Dermochelys coriacea) se précipitant vers la mer (Guyane)

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