Manchots royaux (Aptenodytes patagonicus) dans le blizzard

2017 : retour sur les temps forts du WWF France et nos victoires

De nombreuses victoires sont venues ponctuer cette année 2017. Retour en images et vidéos sur les temps forts et les victoires à retenir de ces douze derniers mois. En 2018, le WWF a bien l’intention de continuer à se mobiliser sur tous les terrains pour préserver la planète et limiter les menaces qui pèsent sur les écosystèmes.

#1 PandaLive

Au total, près de 800 000 personnes ont visionné les #PandaLive. 

Pour la première fois en France, le WWF a choisi de confronter directement les candidats à l’élection présidentielle à sa communauté de supporters. Ces rencontres en live vidéo se sont déroulées sur la page Facebook et sur le compte Twitter du WWF France.

Animés par Pascal Canfin ou Isabelle Autissier, les #PandaLive ont permis de faire réagir 5 candidats aux questions des internautes. Emmanuel Macron, Yannick Jadot, Jean-Luc Mélenchon, Nicolas Dupont-Aignan et enfin Benoît Hamon se sont pliés à l’exercice et ont, chacun leur tour, dialogué pendant 45 minutes avec la communauté de plus de 850 000 personnes.

Répondant aux questions, exposant leurs visions de l’environnement, certains ont profité de cet exercice innovant pour prendre de véritables engagements sur des sujets aussi divers que l’agriculture, l’énergie ou la biodiversité.

Pascal Canfin reçoit les candidats à l'élection présidentielle de 2017 dans le cadre des PandaLive
 

#2 Earth Hour, la plus grande mobilisation citoyenne pour le climat

Éteignez vos lumières !

Les pyramides d’Egypte, la tour Eiffel, l’Empire State Building, le quartier de Times Square… ce sont plus de 3 100 monuments emblématiques situés aux quatre coins du globe qui ont joué le jeu, plongeant dans la pénombre pendant une heure.

Samedi 25 mars 2017, c’était le jour d’Earth Hour, la plus grande mobilisation citoyenne pour la planète organisée par le WWF.
Hasard du calendrier, c’était aussi la journée mondiale de la procrastination.

En clin d’œil à cette mauvaise habitude de tout remettre à plus tard, le WWF a décidé de lancer la campagne de sensibilisation #ProcrastinAction autour de Jeff, un paresseux qui souffre de procrastination aiguë. La campagne #ProcrastinAction s’est ensuite déployée toute l’année via des actions sur des thématiques du quotidien comme l’alimentation responsable, les modes de transports durables ou encore la lutte contre l’obsolescence programmée grâce à la plateforme de mobilisation digitale earthhour.fr.

Earth Hour 2017 a été célébré à travers 7 continents dans 187 pays. Un engouement sans précédent pour cette 10ème édition qui démontre la détermination de la planète à faire face à son plus grand défi environnemental.

 

#3 La France émet ses premières obligations vertes

La France a lancé sa première obligation souveraine « verte » (« green bond ») début 2017 pour financer des investissements écologiques. Il s’agit d’un pas décisif vers la transition énergétique et d’une victoire pour le WWF qui poussait ce sujet depuis longtemps ! 

Le 2 septembre 2016, Michel Sapin et Ségolène Royal annonçaient l'émission par la France d'obligations vertes souveraines, qui s’est concrétisée par un engagement de 9 milliards d'euros sur trois ans. De cette première victoire est née notre seconde mission dans le domaine des « green bond » : surveiller la traçabilité et la qualité du contenu de ce qui est financé. À ce stade, ces mécanismes manquent en effet de garde-fous solides. Car, dans la plupart des cas, c’est l’émetteur lui-même qui définit ce qui est vert et ce qui ne l’est pas. Il existe donc un risque réel de « greenwashing ».

Le 13 juin 2016, le WWF publiait un rapport intitulé "Les obligations vertes doivent tenir leur promesse". Dans ce document de référence sur le marché des obligations vertes, nous appelons à des normes fiables, crédibles, suffisamment précises et largement acceptées. Seule une obligation pour laquelle l’émetteur peut démontrer des bénéfices environnementaux tangibles et mesurables, certifiés par un organisme indépendant, devrait être considérée comme une « obligation verte ».

 

#4 Réforme de la PAC : grande mobilisation des citoyens européens

Les citoyens européens répondent présents !

La Politique Agricole Commune (PAC) détermine depuis 1962 la politique agricole à l’échelle européenne et nationale. Représentant près de 40% du budget de l’UE, le bilan que le WWF en fait est sévère : les critères d’attribution des aides ne prennent pas en compte l’emploi et sont très insuffisants en matière environnementale. La PAC a surtout largement favorisé et financé le modèle agricole industriel et intensif, et tout le cortège de dégradations environnementales qui l'accompagne. Il est donc urgent d’opérer de profonds changements.

A l'initiative des ONG Birdlife, du Bureau Européen de l'Environnement et du WWF, une vaste mobilisation en ligne a eu lieu en Europe pour répondre à la consultation de la Commission européenne sur l'avenir de la PAC, qui s’est déroulée du 2 février au 2 mai 2017. Plus de 250 000 Européens issus de près de 600 organisations de la société civile et d'entreprises avaient répondu présents pour demander à la Commission européenne de réformer la PAC et pour défendre une agriculture plus juste, plus saine et plus durable.

Tracteur agricole pour les cultures sur de grandes parcelles de terre. Pleven, Bulgarie
 

#5 Paris 2024, c’est oui !

Paris 2024 promet les premiers Jeux alignés sur l’Accord de Paris pour le climat.

En septembre 2017, Paris a été officiellement désignée ville hôte des Jeux olympiques 2024. Conscient que cette grande rencontre sportive constitue une opportunité unique de transformer les territoires, de changer les comportements et d’impliquer le plus grand nombre dans une démarche responsable, le WWF France avait signé en mai 2016 un partenariat stratégique avec le Comité de candidature Paris 2024.

L’ambition de cette collaboration est de proposer des Jeux olympiques et paralympiques qui, en accélérant la transition écologique des territoires, changent positivement le quotidien des Français.

Le projet prévoit une réduction de 55% de l’empreinte carbone par rapport aux Jeux de Londres en 2012, avec 95% de sites existants ou temporaires et sur la base d'une tonne équivalent CO2 à 20 euros, un budget de 30 millions d'euros dédié à des actions de compensation (reforestation, énergies propres...) pour viser un bilan carbone neutre. Grâce à une politique de transports propres, l’empreinte écologique liée aux déplacements des spectateurs ne représentera que 40% de l’empreinte globale. Quant au Village olympique et paralympique, il sera composé de bâtiments écoresponsables alimentés par 100% d’énergies renouvelables et visera un objectif de zéro déchet.

Le WWF France reste vigilant quant au respect des engagements pris par Paris lors de sa candidature.

Tireur à l'arc
Isabelle Autissier, Présidente du WWF France et Tony Estanguet, co-Président du Comité Paris 2024, membre du CIO et triple champion olympique
Les logos de Paris 2024 et du WWF réunis
 

#6 REPCET au secours des cétacés : les systèmes anti-collisions désormais obligatoires

Le compte y est presque !

En juillet 2017, 45 navires sur les 60 à 80 concernés par la disposition de la loi biodiversité devaient être équipés de vigies pour détecter les cétacés.

Après un plaidoyer marathon de plusieurs mois, le WWF a remporté une belle victoire : l’outil de navigation REPCET, ou tout système équivalent permettant de prévenir les risques de collision avec les navires, sera obligatoire pour les bateaux battant pavillon français à partir du 1er juillet 2017.

Alors que les collisions avec les navires inquiètent les scientifiques car elles constituent l’une des principales causes de mortalité non naturelle des grands cétacés de Méditerranée, le WWF promeut l’outil REPCET, système développé par l’association Souffleurs d’écume et la société CHRYSAR, qui vise justement à limiter les risques de collisions entre les grands cétacés et les navires.
Le fonctionnement : chaque observation de grand cétacé réalisée par le personnel de quart depuis un navire utilisateur de REPCET est transmise en temps quasi-réel par satellite à un serveur situé à terre. Le serveur centralise les données et diffuse des alertes aux navires équipés et susceptibles d’être concernés par un signalement. Les alertes sont alors cartographiées à bord sur un écran dédié. Le logiciel permet aussi le signalement d’obstacles à la navigation et contribue ainsi à améliorer la sécurité de manière plus globale.

L’intense travail d’influence mené par le WWF France auprès des pouvoirs publics, notamment auprès du Ministère de l’environnement, a porté ses fruits car, grâce à l’adoption de l’article 106 de la loi sur la Biodiversité, 60 à 80 navires battant pavillon français vont devoir s’équiper du logiciel REPCET ou d’un système similaire.

 

#7 Mission Tiger Bhoutan

Le nombre de tigres sauvages est passé de 10 à 22 en 2016 dans le Parc national Royal de Manas.

À l’occasion de la Journée mondiale du tigre, le 29 juillet 2017, le WWF a réalisé une web-série sur le tigre au Bhoutan. Pour tenter de filmer l'un des 100 derniers tigres vivant à l'état sauvage dans ce pays, le photojournaliste et réalisateur Emmanuel Rondeau a installé plusieurs caméras-pièges. Il nous raconte sa passionnante aventure en 6 épisodes, depuis l’aéroport de Lyon jusqu’aux confins des forêts bhoutanaises.

Bilan de l’opération : non seulement le reporter est parvenu à capturer des instants précieux du félin devenu si rare, mais il a également dérobé au passage des images d’espèces tout aussi emblématiques comme l'ours de l’Himalaya, le panda roux, le muntjac (petit cervidé), l’ithagine ensanglantée (faisan), le takin (chamois), le serow de l’Himalaya (chèvre) ou le chat marbré. Plus tard dans l’année, en novembre, une autre bonne nouvelle nous est parvenue du Bhoutan : en 6 ans à peine, la population de tigres sauvages a doublé dans le Parc national royal de Manas, au Sud du pays. Cela nous rapproche un peu plus de notre objectif TX2 : doubler la population mondiale de tigres d’ici 2022, prochaine année du tigre dans le calendrier chinois !

Au Bhoutan, le WWF a contribué à l’élaboration du nouveau plan national définissant les actions prioritaires à mener entre 2017 et 2026 pour la sauvegarde du tigre. Le WWF a notamment aidé le gouvernement à identifier les zones prioritaires à préserver.

 

#8 Overshoot day

Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète.

Tous les ans, le WWF évalue avec le Global Footprint Network le jour à partir duquel l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que notre planète peut renouveler en un an. Cette date marque donc l’Earth Overshoot Day ou “Jour du dépassement de la Terre” en Français. Cette année, c’était le 2 août 2017. En sept mois, nous avons émis plus de carbone que ce que les océans et les forêts ne pouvaient absorber en un an, nous avons pêché plus de poissons, coupé plus d’arbres, fait plus de récoltes, consommé plus d’eau que ce que la Terre était en mesure de produire sur cette même période.

Pour subvenir à nos besoins, nous avons aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète. Le coût de cette surconsommation est chaque jour plus évident : pénuries en eau, désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole, surexploitation halieutique, déforestation, disparition des espèces et enfin augmentation de la concentration de gaz carbonique dans l’atmosphère.

 

#9 Vers la fin de l’exploration pétrolière au Bélize ?

Plus de 400 000 personnes ont signé la pétition exigeant la protection du récif corallien de Bélize. 

La région côtière du Bélize englobe le plus grand récif-barrière de l’hémisphère Nord, des atolls bordiers, plusieurs centaines de cayes de sable, des forêts de mangroves, des lagons côtiers et des estuaires. Autant d’habitats naturels essentiels aux espèces menacées telles que les tortues marines, les lamantins ou le crocodile marin d’Amérique.

L’attrait du pétrole est l’une des menaces qui pèsent sur les écosystèmes béliziens : en 2002, le Bélize a octroyé des concessions pour le forage en mer. Or, les zones d’extraction pétrolière chevauchent les sites classés, mettant en péril un patrimoine d’exception.

En avril 2016, le WWF lance une campagne mondiale, "Ensemble, protégeons notre patrimoine commun", exhortant les gouvernements à proscrire toute activité industrielle pouvant avoir un impact négatif sur la valeur universelle des sites du patrimoine de l’UNESCO. Plus particulièrement, le WWF travaille pour la protection du récif corallien de Bélize face aux menaces de construction sur les côtes et de forages pétroliers sous-marins. Des centaines de milliers de citoyens ont répondu à notre appel et signé une pétition exigeant la protection du récif corallien de Bélize.

Et en septembre 2017, victoire ! Le gouvernement a annoncé la mise en œuvre d’un moratoire permanent qui suspend toute activité d’exploration pétrolière.

Coraux et poissons dans la réserve marine de Hol Chan à Bélize
 

#10 300 entreprises s’engagent en faveur de l'Initiative SBT

Cette année, 90 entreprises ont rejoint l’initiative Science Based Targets, portant le nombre de participants à 305 entreprises dans le monde, dont 24 en France.

À peine plus de 2 ans après son lancement, 300 entreprises ont déjà rejoint l’initiative Science Based Targets, s’engageant publiquement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre afin de maintenir le réchauffement climatique bien en dessous des 2°C.

Initiative conjointe du Carbone Disclosure Project (CDP), du Global Compact des Nations unies, de l’Institut des ressources mondiales (WRI) et du WWF, le SBT soutient les entreprises dans leurs démarches afin de définir des objectifs de réduction des gaz à effet de serre ambitieux, significatifs et cohérents avec leurs activités. Dans les deux années suivant l’engagement, les entreprises doivent soumettre leurs cibles à l’équipe d’experts du Science Based Targets qui décidera de leur validation au regard de stricts critères d’éligibilité.

Cette année, 90 entreprises ont rejoint l’initiative Science Based Targets, portant le nombre de participants à 305 entreprises dans le monde, dont 24 en France. Cet engouement prouve que le secteur privé est disposé et motivé à s’investir dans la lutte contre le changement climatique. Tant mieux car à elles seules, les entreprises participant à l’initiative, issues de 35 pays et de nombreux secteurs, sont responsables de 750 millions de tonnes métriques de CO2 par an !

Vue aérienne en Guyane d'un site d'orpaillage illégal
Chercheur d'or dans la forêt amazonienne
 

#11 Lancement de la campagne “Montagne d’Or”

Montagne d’Or est un projet de mine d’or industrielle porté par le promoteur russe Nordgold et Columbus. Prévue en pleine Amazonie, près de deux réserves biologiques intégrales, il s’agirait de la première mine industrielle en Guyane et, de très loin, de la plus importante mine d’or sur le territoire français.

Montagne d’Or constituerait à la fois un désastre écologique pour la Guyane (le développement du projet nécessiterait la dévastation d’une zone couvrant l’équivalent de 32 Stades de France !), mais également un mirage économique. C’est la conclusion de l’étude que nous avons menée cette année : le projet est un gouffre pour l’argent des contribuables et le développement de la Guyane. À lui seul il engloutirait au moins 420 millions d’euros de subventions, soit 560 000 euros publics pour chacun des 750 emplois directs annoncés !

Le WWF France se lance dans une vaste campagne de sensibilisation et de plaidoyer auprès des instances de décision pour que ce projet ne voit pas le jour. 

EN 2018, NOS ACTIONS CONTINUENT

Salarié WWF avec un local d'une communauté de la rivière Tigre, affluent de l'Amazone, Loreto, Pérou

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