Poissons pêchés, Tun Mustapha Park (Malaisie)

Transformer le marché des produits de la mer

Le commerce des produits de la mer est un secteur particulièrement dynamique. Chaque année, l’équivalent de 148 milliards de dollars de poissons sont échangés dans le monde. Le poisson constitue donc une source de revenus importante et génère des centaines de millions d’emplois directs et indirects à l’échelle du globe. Mais les produits de la mer sont aussi une source de protéines indispensables pour la sécurité alimentaire de populations côtières en Afrique ou en Asie.

Le poisson, l’un des produits les plus échangés au monde

La valeur totale des biens et des services fournis par nos océans chaque année (pêche, ressources minières, tourisme, etc.) est estimée à plus de 2 500 milliards de dollars, ce qui ferait d’eux la 7ème économie mondiale.

Depuis 60 ans, le secteur halieutique connaît une forte croissance. L'aquaculture s’est quant à elle développée rapidement dès les années 1990 et aujourd’hui, près d’un poisson sur deux est issu de l’élevage. Mais les captures stagnent depuis quelques années, tandis que la demande en poisson continue d’augmenter. Ainsi, 61% des stocks de poisson sont exploités à leur maximum et 29% sont surexploités au niveau mondial. Avec à peine 10% des stocks de poisson capables de faire face à une augmentation de la pression de pêche, la marge de manoeuvre s’avère très faible.

En plus de l’épuisement des ressources, la disparition de certaines espèces de poisson et la destruction des écosystèmes, la question de la sécurité alimentaire se pose car si les prises baissent, comment nourrir ceux pour lesquels le poisson est la seule source de protéines disponible ?

Si nous ne changeons pas nos habitudes, nous mettons en péril nos ressources halieutiques ainsi que l’économie de toute la filière et la sécurité alimentaire de dizaines de millions de personnes. A contrario, si nous optimisons la gestion des pêches en gérant les stocks, en luttant contre la surpêche et la pêche illégale, et en minimisant les impacts sur les écosystèmes, la qualité des prises de poissons sera améliorée.

poissons sur un étal de marché à Langgur (Indonésie)

Tous les acteurs de la filière, y compris les consommateurs, ont un rôle à jouer pour influencer l’offre en poisson responsable et contribuer ainsi à l'amélioration des pratiques.

Seule une pêche durable permettra de répondre aux besoins des générations futures tout en préservant les écosystèmes marins et d’eau douce.

Transformer les marchés vers une consommation responsable

Face aux enjeux de la pêche, le WWF s’efforce d’agir à tous les niveaux de la filière pour favoriser une activité halieutique durable. En incitant les entreprises à améliorer leurs politiques d’approvisionnement en produits de la mer, nous les poussons d’un côté à augmenter leur part de produits issus d’une aquaculture et d’une pêche durable et de l’autre à arrêter de proposer des espèces menacées.
Nous travaillons avec les industriels et les distributeurs afin d’optimiser leurs systèmes de traçabilité. Ces actions permettent de limiter le risque d’approvisionnement en produits issus de la pêche illégale et de renforcer la connaissance des acteurs de leur chaîne d’approvisionnement et au final, de mieux informer et sensibiliser le consommateur.

Le WWF France a noué de nombreux partenariats centrés sur la durabilité des produits de la mer notamment avec Carrefour, Davigel, Petit Navire et Marriott. Par exemple, le WWF accompagne le groupe Carrefour dans la mise en oeuvre de sa stratégie visant à ce “qu’un poisson sur deux soit issu d’une pêche responsable en 2020”. D’autre part, le WWF et Carrefour se sont associés pour éditer un guide de bonnes pratiques à l’attention de la distribution et des industriels pour limiter les risques d’approvisionnement en produits issus de la pêche illégale.
Le WWF accompagne aussi le groupe Davigel dans la valorisation de sa politique d'achats de produits de la mer responsables auprès de ses clients collectivités ou entreprises privées.

Agir sur les modes de consommation

Modérer sa consommation de poisson

Avec 35 kg/hab/an, les Français sont bien au-dessus de la disponibilité moyenne mondiale (19 kg/hab/an) !

Manger moins de viande ne signifie pas manger plus de poisson, mais au contraire plus de protéines d’origine végétale.

Le WWF sensibilise le grand public sur les conséquences des modes de production néfastes pour l’environnement et les incite à acheter des produits de la mer responsables. Le consommateur, via son rôle de “consomm’acteur” est aussi un levier pour faire évoluer les marchés. En demandant des produits issus d’une pêche et aquaculture responsables, les restaurants et les commerces seront amenés à adapter leur offre de produits de la mer.

Acheter des produits de la mer responsables peut passer par plusieurs leviers. Par exemple, privilégiez les espèces de poisson non-menacées ou non-surpêchées, ainsi que des espèces “oubliées” telles que le tacaud. A cet effet, le WWF France a publié un guide spécifique pour aider le consommateur : "L'océan dans votre assiette". Par ailleurs, ne consommez plus les espèces pêchées via des techniques de pêche destructrices comme le chalut de fond : le sabre noir, le grenadier ou la lingue bleue sont à éviter. De nombreuses informations sont désormais disponibles pour le poisson en boîte mais cela demeure plus difficile pour le poisson frais.

Le WWF a mené un projet spécifique portant sur la sensibilisation des consommateurs en 2016 : le projet Fish Forward a pour objectif d’illustrer les conséquences de l’importation des produits de la mer issus des pays en développement vers l’Europe. En 2016, le WWF France a lancé un concours d’affiches pour illustrer les impacts de l’Homme sur les océans : “Protéger les océans, c’est sauver notre planète”. Résultat : l’affiche lauréate a été vue par plus de 10 millions de personnes dans le métro parisien.

Affiche lauréate du Creative Awards 2016, Bateau balle, réalisée par Jean-Philippe Barray et Pierre Digommet

Réalisé par Jean-Philippe Barray et Pierre Digommet, Bateau balle rappelle qu’avec un poisson capturé sur cinq, la pêche illégale représente une activité qui met en péril tant les ressources halieutiques que les pêcheurs eux-mêmes.

Promouvoir une pêche et une aquaculture responsables

Pour faire évoluer la filière, il existe aussi des solutions collectives, comme la labellisation des pêcheries et des produits. Les consommateurs, distributeurs et transformateurs sont en effet de plus en plus sensibles aux écolabels. L’écolabel MSC (Marine Stewardship Council) constitue aujourd’hui un bon indicateur de produits pêchés de façon responsable. Il permet aux entreprises chargées de la transformation, aux détaillants, et aux consommateurs d’acheter leur poisson tout en faisant un choix écologiquement responsable. Il est basé sur trois principes édictés par le « code de conduite pour une pêche responsable » de la FAO :

  • Les stocks de poisson de l’écosystème pris en compte doivent êtres suffisants pour assurer la viabilité de la pêcherie
  • L’impact de la pêche sur le milieu marin doit être limité, y compris sur les espèces de poissons non-ciblées, sur les mammifères et oiseaux marins, ainsi que sur les habitats
  • Le système de gestion de la pêcherie – règles, procédures et leurs applications - doit permettre de maintenir la viabilité de la pêcherie et de minimiser l’impact sur le milieu marin.

L’écolabel ASC - Aquaculture Stewardship Council - est une certification spécialisée pour l'aquaculture responsable. Il a été co-fondé en 2009 par le WWF et l'Initiative néerlandaise pour le commerce durable (IDH). Son rôle est de certifier indépendamment des fermes aquacoles et ainsi de garantir un poisson élevé de façon responsable aux consommateurs et aux entreprises de transformation et de distribution de produits de la mer. Le label se fonde sur des critères stricts de production :

  • Garantissant une production qui respecte l'environnement. Le cahier des charges impose des critères sur la gestion des eaux usées, l'alimentation des poissons, la consommation d’énergie des fermes,...
  • Exigeant que des critères sociaux soient pris en compte dans les exploitations aquacoles, comme l’interdiction du travail forcé, du travail des enfants, une politique RH poussée, par exemple.
Atelier Marriot au WWF France
Banc de poisson

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