Vue aérienne de la déforestation dans le Kalimantan oriental (Indonésie)

Déforestation et dégradation forestière, enjeu majeur pour la planète

La déforestation est une cause majeure de la perte de la biodiversité et du réchauffement climatique. Elle cause la perte des moyens de subsistance des populations locales qui en dépendent et la perte de ressources en eau. La déforestation nous fragilise aussi contre les risques naturels.

Qu’est-ce que la déforestation ?

Ampleur de la déforestation

Près de 8 millions d’hectares de forêts ont disparu chaque année entre 2010 et 2015

Il s’agit de la perte de surface forestière au profit d’autres utilisations des terres, ou la réduction importante du couvert forestier. Elle se distingue de la dégradation forestière, qui représente l’altération des qualités de la forêt, comme par exemple la biodiversité ou les services écosystémiques.

Entre 1990 et 2015, la déforestation s’élève à plus de 240 millions d’hectares. Le WWF a identifié 11 fronts majeurs de déforestation en cours ou à venir : cela représente plus de 80% de la déforestation attendue d’ici à 2030, soit encore près de 170 millions d’hectares perdus. Ces fronts de déforestation sont concentrés en Amérique du Sud, dans le bassin du Congo ainsi qu’en Asie du Sud-Est.  

Le développement des terres agricoles en zone tropicale est la première cause directe de la déforestation, avec plus de la moitié de la déforestation mondiale directement liée à la conversion des forêts en cultures ou pâturages. Le développement des terres agricoles en zone tropicale est la première cause directe de la déforestation.

Les causes indirectes ont des effets aussi néfastes sur les forêts que les causes directes auxquelles elles se combinent : le manque de reconnaissance de la valeur des écosystèmes forestiers et les faiblesses des systèmes de gouvernance et des marchés, ainsi que la faible planification écologique du développement du territoire et le choix de pratiques agricoles et forestières non durables.

Les feux de forêt ou les projets miniers et d’infrastructures sont aussi des causes de l’exploitation forestière non durable

La forêt mondiale toujours fortement à risque

plus de 170 millions d’hectares de forêts encore à risque de disparaître d’ici 2030

Alors que la déforestation en Asie du Sud-Est est largement imputée aux cultures de palmier à huile et maintenant d’hévéa, des préoccupations grandissantes viennent sur la forêt de l’Amazonie brésilienne où 8 000 km² de forêt ont disparu en 2016, soit l’équivalent de 1 120 448 terrains de football en une année. Le Brésil notamment, après avoir réussi à contrôler sa déforestation et à la ralentir jusqu’en 2012, connaît une recrudescence de la conversion de son couvert forestier, notamment en culture de soja, et pour des besoins d’élevage suite à des changements politiques récents. Dans le Bassin du Congo, où le taux de déforestation est autour de 0,20% par an, les causes de la déforestation restent actives à l’interface entre la mauvaise gouvernance forestière et la dynamique intersectorielle liée aux stratégies d’attrait des investissements étrangers et plus généralement au développement économique.

Forêt amazonienne (Guyane)

Notre vision au WWF

C’est en mai 2008, à l’occasion de la 9ème COP de la Convention sur la diversité biologique, qu’émerge officiellement l’idée d’une politique « zéro-déforestation ». Les délégués de 67 pays s’engagent à l’appel du WWF à la Zéro-déforestation nette en 2020. Parallèlement, l’initiative REDD est lancée la même année. Les années 2014 et 2015 sont marquées par une forte accélération des engagements pris en faveur des forêts par les entreprises. La Déclaration de New York sur les forêts est adoptée en 2014, préconisant d’éliminer la déforestation des chaînes d’approvisionnement. Elle est rapidement suivie par la signature en 2015 des Accords de Paris, qui reconnaissent que les forêts ont un rôle important dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Le WWF entend par « Zéro Net Déforestation et Dégradation de la forêt » le maintien à zéro de la perte nette de forêts et l’enrayement de la perte de qualité de forêts par la dégradation, afin de préserver les valeurs de la biodiversité. Il s’agit autant de maintenir la quantité que la qualité des forêts. La conversion de forêts naturelles, de forêts à haute valeur de conservation et de forêts à gros stock de carbone, est interdite. Les bilans qualitatif et quantitatif doivent être maintenus, voire améliorés, avec par exemple la restauration d’importants corridors écologiques. La définition du WWF reconnaît aussi le droit des populations locales à s’approprier leurs forêts.

Cette approche vise à reconnaître et réconcilier les multiples choix d’usage des terres, de la conservation à la production, afin que ces choix soient faits au bénéfice de tous et des écosystèmes.

Les actions du WWF

La part de l’Europe

10 % de la déforestation mondiale est « consommée » par l’Union européenne

Grande destination des produits issus de régions à forte déforestation, l’Europe reste un acteur clé à engager pour la protection des forêts. C’est pour cela que le WWF France s’efforce de sensibiliser le public, de dénoncer les mauvaises pratiques et de proposer des alternatives. En s’appuyant sur son réseau international, le WWF tente de mobiliser les multiples acteurs de la déforestation, sans qui aucune issue satisfaisante n’est possible.

Le WWF travaille avec des entreprises françaises influentes sur les marchés afin de faire évoluer leur politique d’achats et enrayer la déforestation de leurs chaînes d’approvisionnement, que ce soit des produits issus de la forêt, tel le bois, le papier et l’hévéa, ou des produits agricoles cause de la déforestation. Parmi ces actions, le WWF promeut la certification, comme le FSC, qui permet de valoriser une gestion durable de la forêt afin de la protéger sur le long terme.

Travailleur formé par le FSC se préparant à couper du bois certifié, dans le cadre du partenariat entre le WWF et Ikea, dans le district de Phu Loc (Vietnam)

D’une autre part, le WWF s’engage auprès des gouvernements afin de faire avancer les lois en faveur de la protection des forêts. En Europe, une mise en œuvre plus rigoureuse du Règlement Bois de l’Union Européenne (RBUE) qui vise à l’élimination du bois d’origine illégale en Europe est nécessaire ; l’Europe doit aussi développer une vraie politique pour réduire son impact sur la déforestation du monde tropical.

Ensemble, agissons

Pour mieux répondre à l'urgence écologique, le WWF France oeuvre à la protection et la résilience des paysages forestiers.
Votre don est notre force.