Du soleil aux penaltys : Dzanga-Sangha s’illumine
En République centrafricaine, grâce au soutien du WWF, 98 % de l’électricité consommée à Dzanga-Sangha provient de l’énergie solaire. Une ressource propre qui bénéficie à la fois aux communautés locales et à la biodiversité.
Pour approfondir le sujet :
Bassin du CongoUn joyau en péril
Le bassin du Congo déborde de vie. On y trouve environ 10 000 espèces de plantes tropicales, dont 30 % sont uniques à la région.
Le bassin du Congo est l’une des plus grandes forêts tropicales du monde, une mer de verdure plus vaste que l’Alaska, où se mêlent forêts, marécages, rivières et savanes. Cette mosaïque d’habitats abrite une biodiversité exceptionnelle : éléphants de forêt, gorilles des plaines de l’Ouest, bonobos, et chimpanzés, entre autres. Elle est aussi le foyer de 75 millions de personnes, parmi lesquelles les communautés Ba’Aka, dont la vie quotidienne reste profondément liée à la forêt, source de nourriture, de remèdes et de matériaux pour construire leurs habitations.
Mais cet équilibre est fragile. La déforestation progresse à cause de la coupe de bois pour le chauffage et le charbon, des plantations commerciales et de l’exploitation minière et pétrolière, qui fragmentent des zones encore intactes. Le braconnage et le commerce illégal d’animaux déciment la faune, menaçant les éléphants, gorilles et bonobos.
Parallèlement, les habitants subissent, eux, les conséquences du manque d’infrastructures : routes difficiles à parcourir, accès limité à l’électricité, services de santé et écoles insuffisants, et moyens de subsistance précaires. L’accès limité à l’énergie et aux ressources freine le développement et rend la gestion durable de la forêt plus compliquée.
Protéger le coeur vert de l’Afrique
Le WWF s’engage activement depuis de nombreuses années pour la conservation du bassin du Congo et mène des projets de terrain afin de lutter efficacement contre les pressions qui pèsent sur cette écorégion en danger.
Le WWF agit depuis des décennies pour protéger le bassin du Congo et ses espèces emblématiques comme l’éléphant de forêt, le gorille des plaines de l’Ouest ou les grands oiseaux. Dans les aires protégées de Dzanga-Sangha en République centrafricaine, nous cogérons le parc avec le gouvernement depuis 1990, en collaboration avec les communautés locales et les peuples autochtones.
Pour protéger la faune et la flore, le WWF soutient des patrouilles anti-braconnage et favorise la coopération transfrontalière entre parcs. Nous luttons contre le commerce illégal des espèces via le réseau TRAFFIC et veillons à ce que les forêts soient exploitées durablement. Cela passe par la certification Forest Stewardship Council (FSC) et par la mise en place de méthodes d’exploitation à faible impact pour le bois, l’huile et les minéraux.
Nous accompagnons également les communautés locales pour améliorer leur quotidien tout en préservant la nature. Nous développons notamment des programmes d’agriculture durable, de plantation d’arbres et de fourniture de poêles économes en combustible, réduisant ainsi la pression sur les forêts. Le tourisme durable est également soutenu pour créer des revenus sans nuire aux animaux et permettre aux visiteurs de découvrir les gorilles et les éléphants dans leur habitat naturel.
Une forêt pleine d'énergie
« Savoir que je contribue à redonner le sourire aux habitants et à protéger les éléphants me rappelle chaque jour que l’énergie solaire peut changer des vies. »
À l’aube, une brume légère flotte au-dessus de la clairière de Dzanga Bai. Dans le silence de la forêt, des dizaines d’éléphants de forêt s’avancent lentement vers les marais salés, tandis que, non loin de là, des panneaux solaires captent les premiers rayons du jour. Au cœur des aires protégées de Dzanga-Sangha, en République centrafricaine, le soleil est devenu un allié précieux, à la fois pour la nature et pour les habitants. Grâce au programme « Énergiser les communautés et la conservation », le WWF a financé et accompagné l’installation de 14 centrales solaires dans la région. Aujourd’hui, 98 % de l’électricité du parc et de ses environs provient d’une énergie propre et renouvelable. Les générateurs bruyants et gourmands en carburant ont laissé place à une alimentation fiable et silencieuse. Les bureaux, les logements du personnel, l’écolodge, le laboratoire médical et l’hôpital voisin fonctionnent désormais sans interruption. Sur la plateforme d’observation, scientifiques et éco-gardes rechargent leurs équipements, analysent les données et coordonnent leurs actions pour protéger les espèces endémiques dont certaines sont classées en danger critique d’extinction. Une énergie qui irradie jusque dans les communautés voisines, bien au-delà des frontières du parc. À Bayanga, les boutiques s’éclairent à moindre coût, l’air est plus pur et les dépenses en carburant diminuent. À la tombée de la nuit, des rires résonnent autour d’un terrain de football illuminé en pleine forêt : sous les projecteurs solaires, les penaltys se tirent désormais sans dépendre du diesel. En soutenant la formation et la maintenance locales, le WWF renforce les compétences sur place et assure la durabilité des installations. À Dzanga-Sangha, l’énergie du soleil éclaire bien plus que des ampoules : elle nourrit l’espoir d’un avenir où communautés et éléphants avancent ensemble, sous la même lumière.
Le programme « Énergie communautaire et conservation » (ECCo) du WWF a déjà permis d’installer plus de 24 projets solaires dans le bassin du Congo, avec Dzanga‑Sangha comme site central de ces initiatives. D’autres installations et améliorations sont en cours, notamment dans les camps de terrain en République du Congo, le parc de Salonga en RDC, le parc de Campo Ma’an au Cameroun, ainsi que pour de nouvelles batteries au bureau du WWF à Libreville, au Gabon. Ces projets sont supervisés par les aires protégées de Dzanga‑Sangha et cogérés avec le WWF République centrafricaine et le ministère des Forêts, de l’Eau, de la Chasse et de la Pêche.