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08. mai 2026

Amazonie : la riposte verte des peuples gardiens

Face à la déforestation, les communautés autochtones passent à l’action. Patrouilles sur le terrain, cartographie des arbres, drones, replantation : elles protègent leur forêt au quotidien. Entre savoirs ancestraux et outils modernes, une stratégie concrète qui change déjà la donne. 

Une forêt sous pression

Depuis 1999, au moins 2 200 nouvelles espèces de plantes et de vertébrés ont été découvertes dans le biome amazonien par le WWF

L’Amazonie, souvent décrite comme le « poumon vert » de la planète, traverse une période critique. Derrière l’image d’une forêt dense et infinie, la réalité est bien plus fragile. Des routes s’étendent là où régnaient autrefois les arbres, ouvrant la voie à l’agriculture intensive, à l’élevage et à l’exploitation forestière. La déforestation fragmente les écosystèmes et perturbe des milliers d’espèces animales et végétales. Mais au-delà de la biodiversité, ce sont aussi des vies humaines qui sont directement impactées. Des millions de personnes, dont de nombreuses communautés autochtones, dépendent de la forêt pour se nourrir, se soigner et vivre dignement. La chasse, la pêche, la cueillette ou encore les cultures traditionnelles reposent sur un équilibre délicat entre l’humain et la nature. Lorsque la forêt disparaît, ces modes de vie s’effondrent avec elle. Et les conséquences dépassent largement les frontières de l’Amazonie. La forêt joue un rôle clé dans la régulation du climat mondial, le stockage du carbone et le cycle de l’eau. Sa dégradation entraîne une perte de services écosystémiques essentiels : moins de pluie, des sols appauvris, une hausse des températures. Préserver l’Amazonie, ce n’est donc pas seulement protéger un territoire lointain, c’est maintenir un équilibre vital pour toute la planète.

Mettre un frein à la déforestation

Depuis 40 ans, le WWF agit en Amazonie aux côtés des acteurs locaux pour protéger la forêt et ceux qui y vivent.

Face à ces défis, le WWF agit aux côtés des populations locales pour construire des solutions durables. Ensemble nous mettons en place des plans de gestion pour concilier activités économiques et préservation des ressources naturelles. En parallèle, nous soutenons le développement d’activités génératrices de revenus durables, comme la production de café biologique, la transformation de noix du Brésil ou encore l’artisanat local. Ces filières permettent de réduire la pression sur la forêt, tout en améliorant les conditions de vie de ceux qui vivent aux alentours. Sur le terrain, la protection s’appuie aussi sur des outils concrets. Des drones survolent les zones sensibles pour repérer rapidement les défrichements ou les intrusions. Des pièges photographiques sont installés pour suivre la présence des espèces et détecter d’éventuels déséquilibres. Enfin, des formations sont dispensées au sein des communautés pour renforcer leurs capacités de gestion et de surveillance, en particulier sur le suivi de la biodiversité. Ces échanges permettent de croiser les savoirs locaux et les méthodes scientifiques afin de rendre la protection plus efficace. 

Clederson Mopibgar Messias Suruí, membre du peuple Paiter Suruí, à Sete de Setembro, Rondônia, Brésil
Noix du Brésil (Bertholletia excelsa), Pérou
Agamenon Gamasakaka Suruí, membre du peuple Paiter Suruí, manipule des noix du Brésil cultivées dans le village de Lapetanha
Membre du peuple Paiter Suruí, à Sete de Setembro Brésil - Noix du Brésil - Membre du peuple Paiter Suruí manipule des noix du Brésil cultivées dans le village de Lapetanha

Une forêt suivie de près

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Sur le territoire de Sete de Setembro, la communauté Paiter Surui a mis en place un système de gestion précis de sa forêt. Sur plus de 240 000 hectares, les 1 200 membres suivent et cartographient chaque ressource, du bois aux arbres fruitiers, et en encadrent l’usage. Les noyers du Brésil illustrent cette approche : ils sont géoréférencés et associés à des familles qui assurent leur récolte raisonnée, garantissant à la fois revenus et régénération naturelle. La surveillance du territoire combine savoirs traditionnels et outils modernes. Des pièges photographiques permettent de suivre la présence d’espèces emblématiques comme le jaguar, l’ocelot ou le tapir, véritables indicateurs de l’équilibre de la forêt. Des drones complètent ce dispositif en survolant les zones sensibles pour détecter rapidement défrichements ou intrusions et permettre une réaction rapide. Cette organisation produit des résultats concrets. La biodiversité est maintenue et les zones dégradées sont progressivement restaurées grâce à la plantation de milliers de jeunes arbres issus de graines collectées localement. Les bénéfices sont aussi sociaux et économiques. Les savoirs traditionnels sont valorisés et transmis, les liens entre générations renforcés, et des activités locales structurent la vie de la communauté. Les femmes jouent un rôle central dans ces dynamiques, notamment dans la production agricole et la collecte de graines.

Pépinière de jeunes plants à Lapetanha, territoire Paiter Suruí, Brésil
Membres du peuple Paiter Suruí lors d’un suivi environnemental à Lapetanha, sur la Terre Indigène Sete de Setembro, Brésil

Pépinière de jeunes plants à Lapetanha - Membres du peuple Paiter Suruí lors d’un suivi environnemental à Lapetanha, Sete de Setembro

Au cœur de l’Amazonie, là où la forêt semblait céder face aux pressions humaines, une autre histoire prend racine. Des communautés autochtones, accompagnées par le WWF, réinventent leur avenir. Et prouvent qu’il est encore possible de vivre de la nature, tout en la protégeant.

Pendant la saison des récoltes, jusqu’à 180 personnes participent à la transformation des noix de castanha. Dans l’atelier, elles sont cassées, triées et conditionnées. Environ 4 tonnes sont traitées chaque année et leur valeur est multipliée par 30 grâce à cette transformation locale. Plus loin, une plantation de café biologique est gérée par des femmes qui pilotent la production et la commercialisation. Enfin, 35 collecteurs parcourent la forêt pour récolter les graines de 22 espèces. Ces graines sont ensuite mises en pépinière puis replantées dans la forêt pour contribuer à son renouvellement. Et surtout, les enfants grandissent en comprenant que la forêt n’est pas seulement un décor mais un héritage à protéger 

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Coucher de soleil sur la forêt amazonienne, Guyane

Ensemble, agissons

Le WWF agit partout dans le monde afin de promouvoir le développement d’activités humaines qui respecte la planète et sa biodiversité.

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