Nos rapports d’activité

Chaque année, nous publions un rapport annuel qui présente le bilan des activités du WWF France et notre engagement au service d'un monde où hommes et femmes vivent en harmonie avec la nature.

L’édito de Monique Barbut et Véronique Andrieux

Votre mobilisation à nos côtés nous fait chaud au cœur. Dans le combat pour la stabilité climatique, le maintien de la biodiversité, de la forêt, des océans, nous vous savons aussi déterminés que nous.

« Construire un monde où les humains vivront en harmonie avec la nature. » En 2021, année cruciale pour la biodiversité, la promesse du WWF n’aura jamais parue aussi essentielle. Cette année encore, la pandémie de Covid-19 a endeuillé le monde, frappant l’économie de plein fouet et révélant notre communauté de destin avec la nature. Car oui, les pressions que nous exerçons sur le vivant à travers nos modes de consommation et de production sont des menaces directes pour notre santé. Nous ne le répéterons jamais assez, on ne peut pas vivre en bonne santé sur une planète malade !

Comme l’a révélé l’édition 2020 du rapport Planète Vivante, l’analyse scientifique que le WWF réalise tous les deux ans pour mesurer l’état de santé de notre planète, en moins d’un demi-siècle, les populations de vertébrés ont chuté de 68 %. À l’origine de cette hécatombe, encore et toujours, l’activité humaine !

La production agricole industrielle, par exemple, empiète sans cesse davantage sur les écosystèmes naturels pour produire le soja, le bœuf ou encore l’huile de palme dont l’Europe est le deuxième principal importateur derrière la Chine. C’est pourquoi nous avons pris part à la campagne #Together4Forests, rassemblant plus de 100 ONG. Ensemble, nous avons appelé lʼUnion européenne à adopter une législation forte qui empêchera la commercialisation de produits liés à la déforestation, la conversion d’espaces naturels ou les violations des droits humains sur les marchés européens.

La dégradation concerne aussi les océans. Notre rapport La Méditerranée en surchauffe, lancé à l’occasion de la Journée mondiale de l'océan, alerte justement sur les ravages des changements climatiques. Les conditions météorologiques de plus en plus extrêmes détruisent les fragiles herbiers marins et les coraux, menaçant les villes et les côtes. Près de 1000 espèces exotiques ont déjà migré dans les eaux chaudes de la grande bleue, au détriment d’espèces endémiques...

Face à l’épée de Damoclès qui menace notre avenir, la myopie semble planétaire et nous sommes loin de voir s’installer les nécessaires mesures contraignantes à l’échelle mondiale. Pourtant, c’est bel et bien d’une action mondiale dont nous avons besoin pour infléchir la courbe de la destruction de la nature, protéger notre capital naturel et assurer l’avenir de l’humanité.

La bonne nouvelle, c’est que l'attention et la demande d'action sur le climat et la nature n'ont jamais été aussi fortes. 2021 a vu se succéder le congrès mondial de l’UICN, la 15ème conférence des parties de la Convention sur la diversité biologique (COP15) et la COP26 sur le climat à Glasgow. Nous espérons sincèrement que de grandes décisions seront prises, en particulier au sujet de la reconnaissance des solutions fondées sur la nature. Car c’est bien la nature qui demeure, à ce jour, notre meilleure alliée pour sortir de la crise écologique.

Le changement climatique et l’érosion de la biodiversité sont deux phénomènes intimement liés. Délaisser la seconde au profit du premier, comme c’est souvent le cas sur l’échiquier politique, c’est oublier à quel point elles s’influencent mutuellement. Il nous faut les traiter conjointement. Mieux, résoudre l’une permettra de solutionner l’autre. Car la nature a le pouvoir de réparer le climat.

Les jungles, les mangroves, les tourbières, les marais, les fonds marins, les forêts d’algues, les marécages, ou encore les récifs coralliens absorbent spontanément et gratuitement le CO2 et l’emprisonnent. En ce sens, ces biotopes constituent des solutions climatiques naturelles, soit les réponses les moins onéreuses et les plus efficaces qui soient.

D’après un récent rapport co-rédigé par le GIEC et l’IPBES, si nous parvenons à protéger 30 à 50 % des terres et des océans, nous réussirons à freiner l’extinction des espèces et à atténuer le changement climatique. Mais la destruction est déjà si avancée que dans de nombreux cas, il s’agit non plus de prévenir, mais de guérir. Alors que le vivant s’effondre, la restauration écologique apparaît comme le seul rempart capable de « renaturer » à long terme les espaces dégradés.

Reboisement le long des routes, restauration de zones humides, ou encore création d’îlots de fraîcheur végétaux en ville… Non seulement s’inspirer des processus naturels pour réparer les écosystèmes relève du bon sens mais pour éviter un emballement climatique, ces initiatives représentent également une alternative durable, souvent moins coûteuse à long terme que des investissements technologiques.

Si la majeure partie de notre planète a d’ores et déjà été endommagée, la nature peut encore se régénérer. À condition que nous l’aidions. Et si nous commencions par arrêter de subventionner les énergies fossiles au profit d’activités qui respectent, protègent et même restaurent la nature ?

Ensemble, donnons aux écosystèmes les moyens de rebondir.

Portrait de Monique Barbut
Monique Barbut
Présidente du WWF France
Véronique Andrieux, Directrice Générale du WWF France
Véronique Andrieux
Directrice générale du WWF France
Coucher de soleil derrière un arbre dans la réserve de Selous

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Découvrez les temps forts du WWF France tout au long de l'année fiscale 2020-2021, notre feuille de route et nos bilans financiers.